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La technologie au service de l’enseignement des collocations en anglais langue seconde: le rôle des corpus

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Deogratias Nizonkiza : University of British Columbia

Résumé de la communication

Le concept de collocations, défini comme l’utilisation de mots qui vont généralement ensemble, tels hypothèse hasardeuse et perpétrer un délit (Tutin, 2012), a reçu une attention considérable depuis trois décennies. L'importance de ce concept a été largement documentée (Barfield, 2009 ; Wray, 2002) et un consensus s‘est fait sur la difficulté que posent les collocations aux apprenants d’une langue seconde (Henriksen, 2013 ; Laufer & Waldman, 2011) et sur la nécessité de les enseigner (Barfield, 2009 ; Boers et al., 2006 ; Granger & Meunier, 2008 ; Lewis, 2000 ; Szudarski & Carter, 2016). La principale question qui se pose alors concerne l’approche à adopter. Avec les progrès technologiques, l’usage des corpus semble ici prometteur (Chan & Liou, 2005 ; Charles, 2014). En les utilisant, les apprenants deviennent en effet des ‘apprenants chercheurs’ (Cheng et al., 2003 ; Johns, 1986) qui identifient et repèrent les collocations dans des contextes authentiques (O’Sullivan, 2007 ; Simonnet & Tutin, 2019). Notre étude offrira une réflexion sur l’évolution de l’enseignement des collocations grâce à l’approche axée sur les corpus dans l’enseignement de l’anglais langue seconde. En réfléchissant aux forces et aux limites des approches pédagogiques appuyées par les corpus, la présente étude proposera une série d’étapes à suivre pour avancer vers une modélisation de l’enseignement des collocations.

Résumé du colloque

Les phraséologismes (aussi appelés unités phraséologiques ou phrasèmes) sont des séquences :
– polylexicales, c’est-à-dire qu’elles sont formées d’au moins deux unités utilisées, avec une certaine récurrence, en contiguïté ou à proximité dans les textes (p. ex. au Québec, coûter une beurrée, en France et en Suisse, coûter bonbon, en Belgique, coûter un os; Lamiroy et al., 2010, p. 33-34);
– préfabriquées d’un point de vue cognitif. Il y a mémorisation « connectée » des unités figurant dans leur signifiant;
– contraintes sur le plan paradigmatique. Les unités en présence ne commutent pas librement avec d’autres unités de sens proche (p. ex. : *coûter une tranche). D’autres contraintes peuvent s’ajouter, notamment d’ordre syntaxique (p. ex. : impossibilité de passiver, d’introduire une négation) et pragmatique (p. ex. : l’affiche apportez votre vin sera placée bien en vue à l’entrée d’un restaurant au Québec).

La vaste classe des phraséologismes n’est pas unifiée. À titre indicatif, Iordanskaja et Mel’čuk (2017) proposent une typologie des phrasèmes qui compte, à son extrémité inférieure, 10 sous-classes aux propriétés sémantico-pragmatiques clairement délimitées (cf. locutions fortes, semi-locutions, locutions faibles, collocations standard, collocations non standard, nominèmes, pseudo-nominèmes, termèmes, formulèmes, sentencèmes).

Le colloque est l’occasion de réfléchir aux phraséologismes, dans toute leur complexité, en établissant un lien explicite avec la problématique de la variation, de l’innovation et du changement linguistique – en français ou dans une autre langue. Cette problématique, centrale dans les annales linguistiques depuis plusieurs décennies, est demeurée dans le champ de vision périphérique des phraséologues – du moins des phraséologues spécialistes du français – à l’exception de quelques cas notables (p. ex. : Lamiroy et al., 2010 et Lamiroy, 2020 sur les expressions verbales de la francophonie; voir aussi Cahiers de lexicologie, no 116, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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