Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Matthieu Lancelot : Université Paris Cité
Faire une thèse constitue une expérience particulièrement riche. En effet, en l’espace de trois à six ans, on y apprend plusieurs valeurs telles que l’autonomie, la rigueur, la patience, le partage et l’objectivité. En France, il n’existe pas de programme spécifique pour faire une thèse et les candidat(e)s doivent proposer directement leur projet de thèse à un professeur ou une équipe de recherche. Dès que l’on est accepté, on est amené à choisir soi-même ses séminaires de recherche, ses formations liées aux démarches relatives à la thèse et ses colloques et à les noter pour atteindre un nombre d’heures requis. C’est d’autant plus épanouissant que les directeurs de thèse peuvent encadrer jusqu’à cinq doctorant(e)s en France. Il est recommandé aux doctorant(e)s d’une même direction de s’entraider en plus d’assister à des séminaires ensemble. Ainsi, il est plus facile de socialiser quand on est cinq que quand on est trente (en licence et en master). Bien que l’on soit souvent isolé lors des recherches et de la rédaction, il est conseillé de ne pas être seul pendant son doctorat. Des horaires de travail aménagés sont utiles pour suivre des séminaires, des formations et des colloques, voire se rendre à la bibliothèque ou rédiger sa thèse chez soi. Une thèse demande une organisation très personnelle alliant méthode, inspiration, patience et parcimonie. Nous verrons ainsi que tout cela est possible et surtout très formateur pour une personne autiste en quête de sens.
Considérant le taux croissant de personnes en situation de handicap, plusieurs lois souhaitent réduire les écarts entre ces individus et ceux dits neurotypiques, notamment dans les milieux scolaires (ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur [MEES], 2020). Dans le cas des personnes autistes, la recherche souligne l’importance de leur participation sociale, alors que celle-ci confère des bienfaits sur leur qualité de vie, leur revenu, leur réseau social et leur bien-être global à court et à long terme (Couture et al., 2020). Or, plusieurs obstacles subsistent pour favoriser leur participation sociale dans le cadre de leur parcours scolaire et d’apprentissage. Que les personnes autistes soient enfants, adolescentes ou adultes, elles éprouvent généralement des difficultés en lien avec les changements et les transitions scolaires, influençant leur rendement scolaire, leur intégration sociale, leur santé mentale et leur bien-être en général (Anderson et al., 2017; Shattuck et al., 2012). Le rôle du personnel dans les milieux scolaires et communautaires devient alors crucial pour tenter de les appuyer, notamment sur le plan scolaire. Les services adaptés offerts incluent : temps supplémentaire durant les examens, soutien pour la prise de notes, passation des évaluations dans un local sans distraction, utilisation de technologies adaptées (Cai et Richdale, 2016). Toutefois, la communauté étudiante autiste revendique également des ressources pour soutenir ses besoins sensoriels et sociaux : réduction du bruit, tenue d’ateliers sur les étiquettes sociales et sensibilisation à la neurodivergence sur les campus postsecondaires (Alverson et al., 2019; Elias et White, 2018). Pour plusieurs équipes de recherche, dont Sosnowy et al. (2018), ces revendications peuvent être entendues avec une communication plus fluide entre la recherche, la pratique et la communauté étudiante autiste, permettant la coconstruction de savoirs scientifiques appuyés sur son expérience.
Titre du colloque :