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L’analyse des processus de cadrage d’un conflit de conservation : un regard pluriel sur la cohabitation agriculture-faune au lac Saint-Pierre

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Ann Lévesque : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Cette présentation offre un condensé de mes résultats d’études doctorales portant sur le rôle du pluralisme épistémologique dans l’étude des conflits de conservation. Sans vouloir remettre en cause les consensus scientifiques, cette approche s'interroge sur la place de la science pour répondre aux enjeux environnementaux actuels. En effet, les problèmes environnementaux sont souvent multifactoriels et nécessitent non seulement l’apport des scientifiques, mais aussi l’intégration de différents systèmes de connaissance et des préoccupations/préférences citoyennes pour obtenir une meilleure compréhension des problèmes et des stratégies possibles pour les traiter. Durant ma thèse, j’ai analysé les effets du cadrage d’un problème multifactoriel à travers une approche mixte. Le cadrage réfère à l’action de rendre certains aspects d’un phénomène plus visible ou remarquable. Pour y arriver, je me suis penchée sur une étude de cas portant sur les enjeux de cohabitation agriculture-faune au lac Saint-Pierre. Les résultats de ma recherche montrent l’utilité du cadrage pour engendrer des actions, mais aussi les répercussions qu’un tel cadrage génère sur les acteurs du milieu. Pour finir, l’inclusion du pluralisme épistémologique permet d’accroitre la compréhension du problème, de sensibiliser les parties prenantes sur les réalités de chacun, d’accroitre la gamme d’options possibles pour atteindre des gains environnementaux et soutenir l’atteinte d’une meilleure équité entre les parties.

Résumé du colloque

Avant la Convention sur la diversité biologique tenue en 1992 à Rio, les efforts de conservation déployés à l’international pour préserver les écosystèmes étaient principalement axés sur une approche de conservation stricte réalisée en terres publiques sur de larges superficies. La Convention a permis de souligner les limites d’une telle approche, notamment les difficultés à préserver la biodiversité en terres privées ainsi que les enjeux sociaux en résultant. Les pays engagés dans la Convention ont depuis revisité leurs objectifs et ajusté leurs actions continuellement, menant à la 15e Conférence des Parties (COP15) tenue en deux phases en 2022, à Kumming (Chine) et à Montréal (Canada).

Malgré l’engagement d’un grand nombre de pays, dont le Canada, en faveur de la Convention, la mise en place de mesures de conservation demeure difficile à l’échelle régionale pour diverses raisons. D’une part, les rapports entretenus avec la biodiversité par les divers acteurs concernés varient en fonction du contexte socioéconomique, biophysique et culturel. D’autre part, les connaissances, les perceptions, les intérêts personnels et collectifs influent, à leur façon, sur l’acceptabilité sociale et les succès des mesures de conservation. Cela entraîne des représentations sociales de la biodiversité très variées et parfois divergentes, et, par conséquent, un certain désengagement politique et civil à l’égard de celle-ci. Dans ce contexte, nous posons la question : comment redéfinir nos rapports à la biodiversité et la considérer dans les efforts d’aménagement du territoire ?

Nous proposons d’explorer cette question par la tenue d’un colloque qui permettra d’explorer le thème de la conservation de la biodiversité grâce à des connaissances théoriques et empiriques. De plus, il permettra de réunir des expertises complémentaires afin de présenter différentes perspectives sur les efforts de conservation de la biodiversité à différentes échelles territoriales. Grâce à une formule combinant des présentations de conférenciers, entrecoupées d’une activité de discussion en atelier, nous encouragerons les participants à approfondir leurs réflexions quant aux rapports qu’entretient la société avec la biodiversité. Ces discussions permettront de souligner le caractère intersectoriel de la conservation qui, en terres privées, passe forcément par un aménagement durable du territoire, tout en mettant en lumière comment la perception de la biodiversité influence nos façons d’appréhender la conservation. Avec un regard rivé sur la COP15, nous aborderons les notions de droit, de justice environnementale, de conservation de la nature, d’acceptabilité sociale et d’aménagement du territoire pour la protection de la biodiversité et l’atteinte des objectifs de développement durable des Nations Unies. Nous valoriserons ainsi la vulgarisation, l’intégration et le transfert de connaissances, notamment en encourageant l’ouverture au dialogue.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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