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L’art corporel et la quête de transformation : Marina Abravomić, pionnière de la performance rituelle

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Caroline Mailhot : Université de Montréal

Résumé de la communication

Marina Abravomić (1946-) est reconnue pour son art corporel et ses performances audacieuses. Artiste pionnière féministe, elle travaille avec la véridicité des éléments, utilisés comme outils générateurs de transformation chez les spectateurs. L’espace offert par Abravomić, où la performance rejoint le spectateur, tout comme l’utilisation des limites de son corps et de son psychique, propose le rituel sous une forme créative et audacieuse, au service de l’expérience partagée. Marina Abravomić est une figure de proue de l’ingéniosité artistique féministe depuis maintenant un demi-siècle. Son charisme et son travail acharné ont attiré des milliers de spectateurs au fil du temps, un public curieux d’assister entant qu’observateur ou participant actif à ces phénomènes artistiques uniques. Notre communication se veut une exploration des aspects rituels et symboliques que l’on retrouve dans l’art de Marina Abravomić. On mettra également en valeur l’utilisation d’éléments du réel dans ses installations. Abravomić a dit: In theater, blood is ketchup; in performance, everything’s real. Tout en jetant un regard sur le parcours de Marina Abravomić, ainsi que sur l’héritage artistique, politique et spirituel de ses œuvres, nous nous questionnerons, alors, sur la relation entre la performance de l’artiste et l’attitude du spectateur afin de comprendre davantage sur l’expérience partagée lors de ses performances rituelles.

Résumé du colloque

Le champ des études rituelles témoigne d’un phénomène d’invisibilisation de la femme. On reconnaît volontiers les contributions décisives d’auteurs tels que Marcel Mauss, Victor Turner, Gregory Bateson, oubliant les femmes ayant œuvré avec eux. Mauss a initié avec succès des femmes au monde de la recherche anthropologique, dont Germaine Dieterlein et Denise Paume. Edith Turner a, pour sa part, accompagné son mari, Victor Turner, dans le cadre de son enquête de terrain auprès des Ndenbus en Afrique, y retournant après son décès pour reprendre la recherche. Mary Catherine Bateson, anthropologue comme son père, risque d’être connue plus par les fameux « métalogues » avec son père que par ses propres contributions, dont notamment son regard sur la vie des femmes. Ce phénomène réclame une prise de conscience critique et une mise en valeur du rôle et des contributions des femmes pour l’émergence, la constitution et le développement des études rituelles. À titre d’exemple, aux noms de Mary Douglas et de Catherine Bell, nous souhaitons ajouter les noms d’autres femmes pionnières oubliées ayant contribué à façonner les études rituelles avec de recherches originales. Avec Susanne Langer et Judith Butler, il est possible de mettre en valeur les apports interdisciplinaires des femmes. Avec Hélène Lubienska de Lenval et Marjorie Procter-Smith, le potentiel critique du regard féminin sur les rites religieux peut être revisité. Avec Marina Abramović, enfin, l’audace de l’invention rituelle et performative peut gagner un nouvel élan. Le point focal de notre colloque est la mise en valeur de l’originalité et de l’audace des contributions féminines aux études rituelles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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