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Caroline Janelvi Tapia : Université Laval
Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre au Québec, le nombre de résidents temporaires dépasse celui des résidents permanents. En 2023, Le gouvernement Legault maintient la cible autour de 50 000 résidents permanents. Mais, selon l’IRCC le Québec a accueilli environ 181 000 résidents temporaires, en 2022, dans des secteurs d’emplois souvent considérés précaires et essentielle à l’économie. La face cachée de cette dynamique est qu’on dépend d’une main-d’œuvre invisibilisée dans différents secteurs considérés comme « essentiels ».
Cette communication tente de montrer le décalage entre le discours sur les travailleuses.eurs « essentiels » répandu par le gouvernement Legault et le secteur de l’entretien ménager. C’est un secteur où les travailleuses.eurs vivent des risques de santé physique (intoxication, risque de troubles musculo-squelettiques par le travail effréné) et non-physique (harcèlement psychologique, sous-payés, stress, horaires atypiques). De plus, selon le rapport de Enviro Compétences, les personnes immigrantes sont surreprésentées dans ce secteur comparativement à d’autres professions au Québec. La littérature scientifique montre que le secteur d’entretien ménager est un poste qui conjuguent risques en santé et mauvaises conditions de travail. Pour approfondir ce constat, cette communication porte sur les entretiens semi-dirigés dans le secteur de l’entretien ménager dans la région de la Capitale-Nationale (Québec).
Ce colloque aborde les politiques d’immigration du Québec dans une perspective comparée par l’angle du décalage. Nous observons en effet des décalages importants dans ce domaine entre discours politiques et médiatiques sur l’immigration, et les réalités matérielles du terrain, et ce, en ce qui touche autant l’orientation des politiques, la mise en œuvre des systèmes, les besoins et trajectoires des immigrants, que les perceptions locales et agrégées.
Ce colloque fera dialoguer des analyses empiriques qui porteront sur les différentes facettes de ce décalage au Québec dans une perspective comparée. Il traitera du rôle des citoyens, des mouvements sociaux, des partis politiques, des médias, des fonctionnaires dans le décalage entre discours politique de l’immigration et réalités de terrain. Nous mettrons ainsi en évidence des similarités et différences dans la façon dont ce décalage est conçu et se constitue au Québec et ailleurs. Il présentera comment les acteurs communautaires vivent ce décalage et explorera son incidence sur les immigrants eux-mêmes. Le colloque permettra aussi de réfléchir aux conséquences à long terme de ce décalage en plus de discuter d’intervention permettant de mieux aligner ces réalités, et ce, au Québec et ailleurs.
Titre du colloque :