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Michel Boivin : Université Laval
Le fait d’avoir connu des conditions de vie adverses tôt dans la vie prédit des difficultés ultérieures, notamment sur les plans de l’apprentissage, de la santé mentale et de l’insertion dans le marché du travail. Les études longitudinales de populations nous permettent de documenter cette question depuis la naissance, sinon depuis la grossesse. Il nous reste toutefois beaucoup à connaître quant aux processus de développement qui sous-tendent ces associations prédictives, notamment sous l’angle de leurs déterminants génétiques et environnementaux et de leurs possibles interactions. Cette présentation exposera des résultats de l’Étude du développement des enfants du Québec (ÉLDEQ) et de l’Étude des jumeaux nouveau-nés du Québec (ÉJNQ), deux études longitudinales d’enfants qui ont été régulièrement évalués, depuis l’âge de 5 mois, sur une variété de caractéristiques personnelles, familiales et sociales se rapportant à la santé mentale, à l’adaptation sociale et à l’apprentissage. Elle fera état des nouveaux outils et approches de recherche qui nous permettent une compréhension plus nuancée des transactions gènes-environnement dans le développement. Il sera notamment question du rôle de la petite enfance, de même que des avantages et des défis posés par l’adoption d’une approche interdisciplinaire biosociale pour comprendre comment l’adversité précoce se combine à des facteurs propres à l’enfant pour prédire les trajectoires de développement.
Comprendre le cerveau et s’occuper des maladies qui en relèvent représentent un défi de société. Le 21e siècle a été désigné le siècle du cerveau. Au cours de sa vie, un Canadien sur trois sera touché par une maladie, un trouble ou une blessure du cerveau ou du système nerveux.
Le coût total des troubles neurologiques et de santé mentale auquel s’ajoutent les coûts directs de la toxicomanie représente pour l’économie canadienne cent vingt milliards de dollars par an.
La compréhension du cerveau et des environnements dans lesquels il baigne est donc nécessaire pour mieux appréhender les maladies, les prévenir et les traiter. Les travaux en neurosciences et en santé mentale en vase clos ne sont plus suffisants pour comprendre la complexité des troubles neurologiques et psychopathologiques. Des collaborations en neurosciences et en santé mentale sont désormais nécessaires pour avoir une vision d’ensemble, en portant autant sur la phase clinique que sur l’étude et la prise en compte du changement des habitudes, des valeurs sociétales, de la technologie.
Ce colloque organisé par SENSUM (Stratégie en neurosciences et santé mentale de l’Université de Montréal) a donc pour objectif de démontrer que des collaborations interdisciplinaires en neurosciences et en santé mentale sont désormais nécessaires pour avoir une vision d’ensemble. Ce colloque permet un échange entre des conférenciers affiliés à des facultés, à des départements, à des groupes et à des centres de recherche dont les travaux interviennent dans des secteurs et des thématiques de recherche ou de clinique très différents les uns des autres.
Autour de quatre sujets en lien avec la thématique générale : 1) mieux comprendre le développement du cerveau; 2) l’addiction; 3) la cognition et le vieillissement; 4) la solution mathématique et l’IA aux neurosciences et santé mentale, les conférenciers tentent d’apporter des pistes de réflexion sur une meilleure compréhension du cerveau, particulièrement sur le développement du cerveau au fil des âges, tout au long du cycle de vie de l’individu. Ils soulignent les facteurs génétiques, culturels, sociaux et environnementaux qui interagissent et accélèrent les changements du cerveau au cours de la vie.
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