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Valérie Roberge : Université Laval
L’ethos professionnel est défini par Bernard Zarca comme étant des « dispositions acquises, par expérience et relatives à ce qui vaut plus ou moins sur toute dimension (épistémique, esthétique, sociale, etc.) pertinente dans l’exercice d’un métier » (2009 : 352) et qui consiste entre autres « à apprendre […] ce qu’il convient de faire pour respecter les règles non écrites de son art » (Ibid.). L’ethos professionnel n’est donc pas sans lien avec le concept grec d’ ἔθος (éthos) qui fait référence à la coutume et l’usage. Dans un premier temps, cette présentation aura pour but de pousser le lien entre les coutumes et le caractère de la vieille définition grecque moins primée pour explorer les coutumes propres de la profession des personnes chargées de cours et de la création de l’identité correspondante à celle-ci. Une grande partie de cet examen portera sur l’influence de la contractualité et de l’accent mis sur l’enseignement pour démontrer comment ces deux pôles accentuent l’urgence et la surresponsabilisation des personnes chargées de cours les contraignant ainsi à supporter un ethos souvent trop lourd.
Dans un second temps, une fois le surpoids de cette identité posée, on tentera de voir comment l’individu pourrait modifier cet ethos pour retrouver une force d’autonomie au plein sens du terme et rééquilibrer la dynamique du pouvoir qui lui échoie par sa participation à l’éducation néolibérale au sein de l’université capitaliste.
En 1994, dans le cadre d’un colloque intitulé La précarité dans l’enseignement, organisé par la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), le sociologue Claude Lessard, doyen de la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Montréal, proposait de « civiliser la précarité ». Qu’en est-il trois décennies plus tard ? Au niveau universitaire, selon les participants au colloque du congrès de l’Acfas 2021, intitulé Les enseignantes et enseignants contractuels au sein des universités du 21e siècle, la précarité aurait plutôt été systématisée que civilisée tel que l’entendait Claude Lessard. C’est l’évolution et l’intégration de cette précarité, non seulement à l’université mais dans tous les milieux de l’éducation, que nous proposons ici d’explorer.
La réalité des précaires a des répercussions autant sur les modalités de l’enseignement, le sentiment d’appartenance au milieu de travail que sur la qualité de vie de ces enseignantes et enseignants précaires. On peut conséquemment se demander quels sont les effets de la précarité sur les milieux d’enseignement et la société. Comment l’évolution des institutions met en relief et définit la précarité ? Comment les précaires se perçoivent, agissent et construisent leurs solidarités ? Comment l’arrivée des technologies dans l’enseignement modifie (ou non) cette précarité et ses répercussions ?
Ce colloque cherche à mieux comprendre les enjeux de précarité dans les milieux de l’enseignement; il vise à créer un espace d’échange entre les acteurs des différents milieux ainsi qu’à examiner les conditions et manières de l’agir. Il réunira délibérément des témoins et représentantes, représentants, ainsi que des spécialistes des diverses disciplines pertinentes. Ce colloque cherche à construire des savoirs et pratiques permettant de transformer le secteur de l’éducation dans l’intérêt commun, celui de ses travailleuses, travailleurs, élèves, étudiantes et étudiants, ainsi que des communautés qui les entourent.
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