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Le temps long du devenir policier : enjeux d’une recherche longitudinale dans le sillage d’une réforme de la formation policière en Suisse

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Michaël Meyer : Université de Lausanne

Résumé de la communication

En Suisse, le monde policier a été récemment occupé par les nouveautés du « Concept général de formation 2020 » qui a modernisé la formation de base, changé sa durée et son déroulement. Cette transformation nationale offre une fenêtre d’opportunité à la recherche scientifique pour accéder au “chaudron” de la profession et observer les parcours d’insertion. Dans ce contexte évolutif, les organisations de police ont en effet accueilli favorablement notre proposition de mettre en place une étude nationale auprès des policiers en formation (environ 700 par année).

Cette communication propose de retracer la mise en place de la recherche, ainsi que ses défis en lien avec le fédéralisme et le plurilinguisme en Suisse : en effet, un questionnaire multithématique a été conçu pour être pertinent auprès de 6 écoles de police, dans 3 langues nationales, pour des calendriers de formation désynchronisés entres les région du pays. Le but est d’obtenir des données inédites sur la transformation des situations personnelle et professionnelle, sur l’évolution des attitudes et opinions, au fil de l’entrée dans la profession. Nous présenterons certains résultats préliminaires sur les mécanismes de l’acquisition d’une identité professionnelle et la manière dont celle-ci se modifie sous la triple action de la formation de base, des expériences vécues et des premiers contacts avec le futur milieu professionnel.

Résumé du colloque

Tantôt questionnée quant à sa réelle capacité à préparer les policier·ère·s aux défis de la profession, ou encore quant à sa capacité à suffisamment approvisionner les organismes policiers en recrues, la formation policière est régulièrement au centre des discussions publiques et politiques dès qu’un événement malheureux lié à la sécurité publique survient. Au Québec, le gouvernement provincial a entre autres récemment promis d’injecter de l’argent pour faciliter l’embauche de quelque 450 nouvelles personnes à Montréal en réponse à une vague de violence perçue dans la métropole, malgré la baisse du nombre de demandes d’admission à l’École nationale de police du Québec. De plus, l’intervention auprès des personnes dont l’état mental est perturbé est devenue l’exemple type des limites de la formation policière : malgré toute leur bonne volonté, les policier·ère·s ne sont pas, et ne seront jamais, des expert·e·s capables de diagnostiquer les problèmes et d’intervenir en dehors du cadre de la sécurité publique, qui n’est pas toujours le plus adéquat.

De plus, devant un problème de n’importe quelle nature, il semble que la formation supplémentaire représente une solution adéquate aux yeux de plusieurs pour faire face à des problèmes de diverses natures. La formation policière pose des défis qui sont étroitement liés à sa structure énormément variable. En effet, si elle est plutôt centralisée au Québec, au moyen d’un programme collégial et d’une formation initiale à l’École nationale de police du Québec communs au quasi-ensemble des policier·ère·s de la province, la diversité est beaucoup plus grande ailleurs. À titre d’exemple, les États-Unis comptent 18 000 organismes policiers, dont un grand nombre peuvent édicter leurs propres règles en matière de formation.

Comme l’évoque son titre, ce colloque se propose d’éclairer le « comment » devenir policier, mais aussi le « pourquoi ». Il vise d’abord à explorer ce qu’on sait sur la formation policière. À notre connaissance, il n’existe que peu ou pas de littérature scientifique sur le sujet, en particulier dans la francophonie. Ensuite, le colloque vise à adopter une perspective plus microscopique en s’intéressant aux caractéristiques individuelles des futur·e·s policier·e·s, comme leurs motivations personnelles et leurs aspirations professionnelles. Peu d’études se sont jusqu’ici intéressées à systématiquement comprendre les raisons à l’origine de la formation choisie, même si plusieurs études dans d’autres domaines suggèrent que les motivations initiales à l’emploi sont d’excellents prédicteurs des trajectoires professionnelles futures. Toutes ces questions, auxquelles s’ajoute un rôle policier en changement, ont ultimement une incidence importante sur la sécurité publique et la vie en société. Ce colloque aspire ainsi à réfléchir au devenir policier de demain.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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