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Guillaume Lessard : Université de Montréal
Cette présentation discutera des résultats d’une recherche portant sur quatre villes canadiennes (Vancouver, Edmonton, Toronto et Ottawa) ayant des réglementations habilitantes encadrant la construction d’unités d’habitation accessoires (UHA). L’UHA désigne une résidence secondaire aménagée sur un lot déjà occupé par une résidence principale. La recherche s’appuie sur des analyses documentaire et réglementaire, et 47 entretiens. Les résultats démontrent, d’une part, que les municipalités ont développé des UHA puisque leur développement est perçu comme compatible avec les visées de la ville durable, les logiques de marché et la diversification de l’offre en logement. Leur déploiement s’inscrit dans le contexte du démantèlement néolibéral où les villes se sont retrouvent avec davantage de responsabilités, sans obtenir davantage de pouvoirs ou de sources de revenus. Les UHA répondent au besoin des municipalités de trouver des solutions qui génèrent des investissements privés, optimisent leur rentabilité et sont compatibles avec une urbanisation plus durable. D’autre part, en militant localement et en s’organisant en réseaux interurbains, les firmes d’architectes et d’urbanisme, les entrepreneurs et les OBNL ont joué un rôle clé dans l’adoption de réglementations, tout en étant source d’innovations. Ces résultats confirment que les petites entreprises, les OBNL et les coalitions interurbaines jouent un rôle grandissant dans l’avancement de la cause de la ville durable.
Les défis contemporains de gouvernance qui affligent les États-nations, dont les crises sanitaire et climatique, requièrent des gouvernements qu’ils interviennent rapidement et efficacement sur leur territoire, afin d’éviter d’irrémédiables catastrophes humaines, économiques, sociales et écologiques. En plus d’interpeller l’ensemble des paliers de gouvernements et de nécessiter la participation de nombreuses parties prenantes et d’acteurs de la société civile, ces wicked problems (Bradford, 2005) surviennent alors que s’opèrent d’importantes transformations dans les politiques et les pratiques de gestion des États centraux et subnationaux.
Les conséquences attribuables aux pratiques du nouveau management public (NMP) ont amené certains gouvernements à adopter des stratégies d’adaptation ou de recalibrage de l’action publique (Levy, 2010). Si certains auteurs font état d’une véritable ère de réforme post-NMP, une récente analyse documentaire démontre que le concept serait possiblement en voie d’être institutionnalisé. Toutefois, deux conceptions du post-NMP prévalent : celle de l’État pilote de la nouvelle gouvernance publique, et celle de l’« État fort » (Reiter et Klenk, 2019). De nombreuses transformations globales et sectorielles sont donc en cours.
Cependant, la manière dont ces nouvelles politiques et pratiques de gestion favorisent la création d’innovations qui contribuent à surmonter les différentes crises contemporaines de gestion publique reste à déterminer et soulève plusieurs questions. Les innovations sociales et environnementales à travers les territoires sont-elles une réaffirmation de l’État? Au contraire, ces innovations ne témoignent-elles pas d’un évitement de l’État central? Comment l’adoption de certaines approches d’intervention innovantes ou le déploiement des nouveaux outils de gestion et de prise de décision peuvent-ils contribuer à surmonter ces défis ou, au contraire, peuvent-ils constituer une menace à la sauvegarde de l’intérêt public?
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