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Ilrick Duhamel : Polytechnique Montréal
Les programmes de formation de premier cycle en ingénierie sont interdisciplinaires, puisqu’ils intègrent non seulement des connaissances des disciplines de l’ingénierie, mais aussi des connaissances des disciplines des sciences sociales. Le caractère interdisciplinaire des activités de recherche menées dans les programmes de 2e et de 3e cycles en ingénierie reste cependant peu documenté.
Dans notre étude, nous caractérisons l’interdisciplinarité des activités de recherches du département de génie industriel de Polytechnique Montréal à l’aide de deux approches bibliométriques distinctes, mais complémentaires. La première, courante, utilise les références et les citations des publications scientifiques disponibles dans une base de données bibliographiques. La seconde utilise les travaux de recherche (mémoires/thèses) contenus dans une base de données institutionnelles, une source moins souvent exploitée.
Les résultats de notre étude montrent qu’entre 2009 et 2019, une partie des activités de recherche du département de génie industriel de Polytechnique Montréal sont interdisciplinaires. L’étude contribue à l’avancement des connaissances en diversifiant les moyens de caractériser l’interdisciplinarité des activités de recherche, non seulement à partir des publications scientifiques des professeurs-chercheurs, mais aussi à partir des travaux de recherche de la relève étudiante en recherche. Les résultats suggèrent d’étendre la méthodologie à un échantillon plus vaste.
À la lumière des nombreuses tendances qui influent sur la pratique de l’ingénierie, un récent rapport de l’Ordre des ingénieurs du Québec (2021) soutient que les diplômé·e·s devront non seulement maîtriser des compétences techniques inhérentes à leur discipline, mais devront également déployer de nombreuses autres compétences relevant davantage du champ des sciences sociales et humaines. Le rôle des ingénieur·e·s ne se limite donc plus à la compréhension et à la maîtrise des enjeux techniques, mais englobent également des enjeux sociaux.
Cet appel à un élargissement des compétences pose plusieurs défis dans le contexte universitaire dominé par la spécialisation. Certes, l’interdisciplinarité s’impose comme une voie prometteuse pour développer une compréhension fine des enjeux de la société (Prud’homme, Larivière, Gingras, 2017), mais les pratiques restent encore peu documentées, et c’est particulièrement le cas du maillage entre le génie et les sciences sociales.
En tant que professeur·e·s et chercheur·se·s ayant reçu une formation en sciences sociales et œuvrant à Polytechnique Montréal, nous proposons de tenir un colloque sur le thème de l’interdisciplinarité entre le génie et les sciences sociales et humaines en s’intéressant à la fois aux activités d’enseignement et de recherche. Notre objectif est de rassembler des professeur·e·s, des chercheur·se·s, des étudiant·e·s, des intervenant·e·s institutionnels et industriels pour discuter des défis et occasions que pose le maillage interdisciplinaire.
Plusieurs questions seront explorées dans le cadre de ce colloque : quel portrait peut-on faire du maillage actuel entre sciences sociales et génie ? Quelle forme prend l’interdisciplinarité entre ces deux champs de connaissances dans les programmes d’enseignement ? Quels sont les bénéfices et les limites de la recherche interdisciplinaire, et comment la favoriser ?
Titre du colloque :
Thème du colloque :