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Esther Mc Sween-Cadieux : Université de Sherbrooke
Le courtage de connaissances, pouvant être compris comme la composante humaine du transfert de connaissances, est appuyé sur le postulat que le contact interpersonnel va favoriser le changement. Ce rôle est unique et surtout rempli de défis ; les compétences décrites comme étant importantes pour assumer cette fonction d’intermédiaire sont nombreuses. Plusieurs écrits ont permis d’identifier la large gamme d’activités et de rôles d’un courtier ou d’une courtière (Bornbaum et al., 2015; Glegg et Hoens, 2016).
La littérature montre toutefois que les connaissances et les habiletés techniques sont essentielles, mais que les compétences douces (soft skills) et les qualités personnelles peuvent souvent être déterminantes dans la réussite d’un processus de transfert (Metz et al., 2021). Celles-ci réfèrent, entre autres, à la capacité de créer des relations de confiance, d’être à l’écoute des besoins, de pouvoir fédérer des équipes et favoriser la collaboration ou de pouvoir gérer les conflits ainsi qu’à l’authenticité, l’ouverture, le respect des valeurs d’équité et d’inclusion, l’empathie, la curiosité, la flexibilité et la confiance en soi.
Cette présentation vise à brosser un portrait de l’étendue des compétences clés en courtage de connaissances et d’aborder l’importance de conjuguer savoir, savoir-faire et savoir-être. Des pistes de réflexion seront également partagées au niveau des approches pour soutenir les courtiers et courtières dans leur développement global.
La science de l’utilisation de la science, ou science du transfert et de la mobilisation des connaissances, s’emploie à documenter les processus, les mécanismes et les contextes de l’utilisation des connaissances scientifiques. Dans ce domaine, les études sur le courtage de connaissances renvoient plus particulièrement aux travaux sur les personnes ou les organisations qui occupent une position d’intermédiaires entre science, pratique et politique.
Le courtage de connaissances représente une stratégie d’avenir pour répondre à l’impératif d’une meilleure utilisation des connaissances issues de la recherche – une préoccupation aussi bien des grands bailleurs de fonds en recherche que des milieux de pratique qui désirent améliorer la qualité de leurs actions en les basant sur des données probantes. Néanmoins, ce qu’est exactement le courtage de connaissances et les différentes conditions de son déploiement pour assurer une efficacité à cette stratégie ne font pas l’objet d’un consensus, en raison de la diversité des tâches en jeu et du rayonnement relativement restreint des écrits scientifiques dans ce domaine d’action.
Plusieurs efforts de définition permettent d’appréhender les différentes tâches de ce rôle d’intermédiaire. Celles-ci peuvent s’organiser sur un continuum d’implication, variant selon le contexte d’utilisation des connaissances et le public ciblé, de la simple recherche des connaissances pertinentes pour répondre à un besoin jusqu’à une influence dans des processus d’innovation grâce à la coproduction de connaissances (Shaxon et al., 2012). Les activités de courtage peuvent également être classées par domaines d’activités : gestion des connaissances, mise en relation des personnes ou développement des compétences (Bornbaum et al., 2015), ou encore être décrites comme un accompagnement à la mise en œuvre de pratiques basées sur les données probantes (Albers et al., 2020). Courtiers et courtières évoluent dans des universités, des établissements de santé, des agences gouvernementales ou font partie de centres réservés ou d’infrastructures de transfert de connaissances (Lane, 2022).
Ce colloque permet de dresser un état de la situation grâce à la mise en commun d’expertises complémentaires et de formuler des pistes de consolidation de cette pratique.
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