Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie-Hélène Bonin : Confédération des syndicats nationaux
Les droits du travail et la vitalité de la démocratie syndicale au Québec sont mis à mal par l’arrivée massive de travailleuses et travailleurs migrants à statut précaire. Plusieurs ne maîtrisent pas le français, ce qui entraîne divers problèmes observables dans les milieux syndiqués, incluant : la méconnaissance des lois du travail, le manque de formation, des difficultés d’intégration, des incidences accrues d’accidents, des difficultés d’accès aux soins et indemnités, l’incapacité de lire les conventions collectives, une sous-représentation dans les structures, la crainte de recourir aux griefs ou à la grève, etc.
Face à cela, les syndicats sont désemparés et inquiets. Désemparés, car ils ne comprennent pas le discours gouvernemental qui prétend « prendre moins mais prendre soin » des personnes immigrantes. Les syndicats sont également inquiets quant à leurs compétences linguistiques pour assumer leur devoir de représentation. Sans langue commune, les syndicats ne peuvent assurer la défense de ces membres, ce qui met en cause leurs droits mais aussi ceux de leurs collègues non-immigrants, comme le démontrent des cas de désaccréditation syndicale. Ainsi, la croissance de cette main-d’œuvre mal protégée met en péril la capacité de préserver les acquis et le rapport de force du mouvement syndical en matière de conditions de travail et, au-delà, son rôle émancipateur face aux discriminations et inégalités socioéconomiques.
Ce colloque aborde les politiques d’immigration du Québec dans une perspective comparée par l’angle du décalage. Nous observons en effet des décalages importants dans ce domaine entre discours politiques et médiatiques sur l’immigration, et les réalités matérielles du terrain, et ce, en ce qui touche autant l’orientation des politiques, la mise en œuvre des systèmes, les besoins et trajectoires des immigrants, que les perceptions locales et agrégées.
Ce colloque fera dialoguer des analyses empiriques qui porteront sur les différentes facettes de ce décalage au Québec dans une perspective comparée. Il traitera du rôle des citoyens, des mouvements sociaux, des partis politiques, des médias, des fonctionnaires dans le décalage entre discours politique de l’immigration et réalités de terrain. Nous mettrons ainsi en évidence des similarités et différences dans la façon dont ce décalage est conçu et se constitue au Québec et ailleurs. Il présentera comment les acteurs communautaires vivent ce décalage et explorera son incidence sur les immigrants eux-mêmes. Le colloque permettra aussi de réfléchir aux conséquences à long terme de ce décalage en plus de discuter d’intervention permettant de mieux aligner ces réalités, et ce, au Québec et ailleurs.
Titre du colloque :