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Les phraséologismes examinés par des locuteurs natifs : uniformité et variation

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Alexandra Tsedryk : Mount Saint Vincent University

Résumé de la communication

Dans cette communication, nous présentons le projet DidLoc, Didactique de locutions, qui a pour but de développer des outils pédagogiques, en se basant sur les données recueillies auprès des locuteurs natifs francophones. Une liste de 100 unités phraséologiques, dont la grande majorité sont des locutions (selon Polguère 2015), a été évaluée par des locuteurs de régions différentes. En nous basant sur des études psycholinguistiques antérieures sur les locutions et en menant des recherches de fréquences dans Eureka.cc, nous avons choisi 100 unités et les avons divisées en 3 listes. Les locuteurs (n=100) ont évalué les phraséologismes proposés sur une échelle de Likert de 1 à 5 par rapport à trois critères : la connaissance, la familiarité et l’usage subjectifs, après quoi ils ont accompli un test à choix multiples sur les définitions. Les participants de l’étude ont aussi été invités à partager des locutions propres à leurs communautés linguistiques (différentes régions de France, Québec, Acadie, Belgique, Suisse, Cameroun). Nous présentons la méthodologie de collecte de données et les résultats de l’enquête.

Polguère, A. 2015. Non-compositionnalité : ce sont toujours les locutions faibles qui trinquent. Verbum (Presses Universitaires de Nancy), 2015, XXXVII (2), pp.257-280.

Résumé du colloque

Les phraséologismes (aussi appelés unités phraséologiques ou phrasèmes) sont des séquences :
– polylexicales, c’est-à-dire qu’elles sont formées d’au moins deux unités utilisées, avec une certaine récurrence, en contiguïté ou à proximité dans les textes (p. ex. au Québec, coûter une beurrée, en France et en Suisse, coûter bonbon, en Belgique, coûter un os; Lamiroy et al., 2010, p. 33-34);
– préfabriquées d’un point de vue cognitif. Il y a mémorisation « connectée » des unités figurant dans leur signifiant;
– contraintes sur le plan paradigmatique. Les unités en présence ne commutent pas librement avec d’autres unités de sens proche (p. ex. : *coûter une tranche). D’autres contraintes peuvent s’ajouter, notamment d’ordre syntaxique (p. ex. : impossibilité de passiver, d’introduire une négation) et pragmatique (p. ex. : l’affiche apportez votre vin sera placée bien en vue à l’entrée d’un restaurant au Québec).

La vaste classe des phraséologismes n’est pas unifiée. À titre indicatif, Iordanskaja et Mel’čuk (2017) proposent une typologie des phrasèmes qui compte, à son extrémité inférieure, 10 sous-classes aux propriétés sémantico-pragmatiques clairement délimitées (cf. locutions fortes, semi-locutions, locutions faibles, collocations standard, collocations non standard, nominèmes, pseudo-nominèmes, termèmes, formulèmes, sentencèmes).

Le colloque est l’occasion de réfléchir aux phraséologismes, dans toute leur complexité, en établissant un lien explicite avec la problématique de la variation, de l’innovation et du changement linguistique – en français ou dans une autre langue. Cette problématique, centrale dans les annales linguistiques depuis plusieurs décennies, est demeurée dans le champ de vision périphérique des phraséologues – du moins des phraséologues spécialistes du français – à l’exception de quelques cas notables (p. ex. : Lamiroy et al., 2010 et Lamiroy, 2020 sur les expressions verbales de la francophonie; voir aussi Cahiers de lexicologie, no 116, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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