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Hénaba Loïs Silas Amangoua : Université de Limoges
Depuis 2018, l’association Francophonie Sans Frontières en partenariat avec l’Université Peleforo Gon Coulibaly de Korhogo en Côte d’Ivoire, a mis en place un projet de sensibilisation des étudiants à l’entrepreneuriat social et solidaire. Ce projet a pour objectif de susciter la prise d’initiative et l’engagement social de ces derniers. Il s’inscrit dans une vision plus globale de développement du pouvoir d’agir.
Premièrement construit autour d’une formation à la rédaction de projet collaboratif, puis une participation au concours entrepreneurial organisé lors de la Conférence Internationale sur l'Économie Sociale et le Co-Développement Durable Inclusif (CIESDI) en 2019. Il s’agit de créer un dispositif d’accompagnement de projets entrepreneurials, étudiants au sein de l’université, lieu d’échange et d’expérimentation sociale. Trois années après la CIESDI de 2019, ce dispositif est quasi inexistant, ce n’est pas faute d’avoir essayé plusieurs fonctionnements. L’étude longitudinale menée auprès des acteurs par la méthodologie ancrée fait émerger des écarts entre les attentes des étudiants et ceux des acteurs de l’association.
Nous analysons dans notre communication ces rendez-vous manqués pour proposer une prospective de dispositif capable de développer du pouvoir d’agir. Les données biographiques de notre recherche offrent l’occasion d’analyser les récits vies marqueurs d’appropriation des parcours et important dans le développement de ce pouvoir d’agir.
Le concept de pouvoir d’agir ou empowerment vise principalement des groupes sociaux vulnérables du fait de leur minorisation, de leurs conditions d’existence ou de crises plus globales frappant leur société d’appartenance. Ce concept fait l’objet d’importantes critiques, la principale étant qu’il a été détourné de son objet initial de transformation radicale des structures de pouvoir inégalitaires « à partir du bas » (bottom up) pour en venir graduellement à associer le pouvoir d’agir aux choix individuels et économiques au détriment du pouvoir collectif (Calvès, 2009; Cornwall, 2016). Ceci a conduit un nombre croissant de structures (ONG, associations, structures gouvernementales ou privées, etc.), relayées par des chercheurs de différentes disciplines, à repenser leurs modalités d’action, et, ce faisant, à revisiter certains concepts souvent associés à celui de pouvoir d’agir, dont la signification a fini par devenir ambiguë : participation, vulnérabilité, solidarité, communauté, pour ne citer que ceux-là. L’intention sous-jacente à ces recherches engagées est de permettre la mise en place de dispositifs innovants ancrés dans une démarche collaborative et visant la justice sociale et épistémique. Pour autant, l’enjeu de la durabilité de ces derniers, faute d’une synergie efficace entre eux, reste entier et pose donc la question de leur crédibilité tant auprès des bénéficiaires que des pouvoirs publics censés s’en inspirer pour définir leurs politiques.
Le colloque abordera notamment les questions suivantes en mobilisant des études de cas variées dans leurs contextes et champs disciplinaires : Quels sont les rapports de domination sous-jacents à la mise en œuvre des approches participatives et collaboratives ? Quels sont les enjeux éthiques soulevés par les initiatives s’appuyant sur ces approches ? En quoi l’analyse des trajectoires individuelles permet-elle de mieux comprendre les cheminements vers l’acquisition d’un pouvoir d’agir, les processus d’autonomisation ?
Titre du colloque :