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L’exclusion de cours dans les territoires scolaires disqualifiés : intersection de rapports sociaux travestis dans l’application d’une pratique punitive banalisée

JG

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Julien Garric : INSPÉ

Résumé de la communication

Les études réalisées à propos de l’administration des sanctions et punitions scolaires réitèrent le même constat massif : les garçons sont punis beaucoup plus que les filles et ce quel que soit le niveau scolaire étudié (Grimault-Leprince 2008 ; Ayral 2009 ; Depoilly 2014). A l’origine du passage à l’acte punitif on retrouve la construction de la figure d’élèves déviant.e.s déterminée donc par le genre, mais aussi par l’ethnie (Debarbieux 1996 ; Farhat 2015) et la classe sociale (Testanière 1967 ; Millet & Thin 2004). A l’occasion d’une étude ethnographique, menée à propos de l’exclusion de cours dans trois collèges de la très grande pauvreté, j’ai été confronté à la complexité des représentations altérisantes qui constituent le registre de justification des exclusions pratiquées par les enseignant.e.s. Dans cette communication, je montrerai comment les rapports sociaux d’âge, de genre, de classe et de race peuvent prendre des formes complexes, se travestissent et ainsi se dérobent au regard des chercheur.e.s, en se présentant sous des formes euphémisées, naturalisées, métaphorisées et très fortement imbriquées. L’approche intersectionnelle permet alors d’aborder la complexité des rapports de domination à l’œuvre dans les relations d’interaction éducative.

Résumé du colloque

Dans le cadre du congrès de l’Acfas, la revue Genre Éducation Formation et le GT13 « Éducation et diversité » de l’AISLF, associé au RIED (Réseau international éducation et diversité), organisent un colloque transatlantique, qui propose de traiter la question du genre en éducation.

« On ne naît pas femme, on le devient » : l’importance de la question du genre en éducation est au cœur de la citation féministe la plus célèbre du monde francophone. À partir du moment où il est affirmé qu’aucune nature, qu’aucune biologie, qu’aucun destin préécrit ne permet d’expliquer (et de justifier) le monde social, à l’instant où on admet que « l’intervention d’autrui dans la vie de l’enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée » (de Beauvoir, 1949, p. 286), alors la question du genre en éducation et en formation devient centrale pour comprendre l’organisation sexuée de la société.

Comme l’ont souligné les auteures féministes des années 1970-1980, la sociologie française de l’éducation des années 1960-1970 s’est essentiellement préoccupée des inégalités de classes, reportant la « variable sexe » à un niveau secondaire. Après le texte pionnier de Liliane Kandel (1975), qui pointait le fait que le système éducatif français – malgré les principes d’égalité qui l’animent – discrimine les filles et les femmes, des ouvrages fondateurs de ce champ paraissent dans les années 1990. Nicole Mosconi (1989) interroge les effets de la mixité scolaire et crée peu à peu le concept de « rapport sociosexué au savoir » : si tous les individus ont le droit d’acquérir tous les types de savoirs, dans les faits, certains savoirs sont considérés comme tabous ou infamants, naturels ou transgressifs selon sa classe sociale et sa catégorie de sexe. De son côté, Marie Duru-Bellat (1990) rend compte de la façon dont l’école prépare les filles et les garçons à des rôles sociaux distincts. In fine, que l’on parle de didactique ou de pédagogie, qu’on l’aborde de manière transversale ou disciplinaire, qu’il s’agisse d’éducation des enfants ou de formation des adultes, que l’on se situe dans des institutions de formation ou dans des contextes non formels, il s’agit toujours de venir à bout de la hiérarchie inhérente au genre, soit en formant les individus de manière égalitaire, soit en débarrassant l’éducation des inégalités qui la traversent.

Nous vous proposons quatre thématiques :

  1. Genre et didactiques;
  2. Intersectionnalité en éducation;
  3. Conversation critique entre l’école et l’éducation à la citoyenneté numérique autour des principes de justice sociale, d’égalité de genre et d’émancipation;
  4. Mise en œuvre des politiques éducatives en faveur de l’égalité des sexes et des sexualités.

Ce colloque est ouvert aux chercheur·ses de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales en lien avec l’éducation. Dans le but d’avoir un dialogue transatlantique, nous nous efforçons d’équilibrer les pays communicants. La jeune recherche est bienvenue.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Françoise Lorcerie
section icon Date : 10 mai 2023

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