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Fabrice Dhume : Université catholique de Louvain
L’institution scolaire est traversée et structurée par les divers rapports sociaux, de classe, de sexe, de race, d’âge, etc., et ceux-ci affectent tant les conditions d’étude des élèves que les conditions de travail des personnels. Cette communication s’intéresse aux tactiques mises en œuvre par ces dernier.e.s pour faire face au racisme vécu dans leur contexte de travail, dans une perspective intersectionnelle. Il s’agira d’explorer la manière dont la positionnalité sociale, au sens intersectionnel, influe non seulement sur les types d’expériences de racisme vécus au travail, mais plus encore sur les répertoires de ressources et d’attitudes personnelles pour se défendre et «gérer» les situations. L’appréhension de ces répertoires et tactiques mobilisées en situation implique de resituer l’expérience du racisme au travail dans la trajectoire sociale et personnelle des individu.e.s, et pour ainsi dire de mettre en rapport carrière socio-professionnelle et carrière de racisation. Cette communication s’appuie sur l’exploitation d’une enquête qualitative menée entre 2019 et 2023 en France auprès d’environ 75 professionnel.le.s scolaires de divers statuts et fonctions. Réalisée depuis ma position de chercheur situé du côté du pôle majoritaire sur la plupart des axes des rapports sociaux, ce travail constitue une mise à l’épreuve de mes capacités, à la fois d’entendement du point de vue minoritaire, et de restitution-resignification sociologique de la violence raciste de l’école.
Dans le cadre du congrès de l’Acfas, la revue Genre Éducation Formation et le GT13 « Éducation et diversité » de l’AISLF, associé au RIED (Réseau international éducation et diversité), organisent un colloque transatlantique, qui propose de traiter la question du genre en éducation.
« On ne naît pas femme, on le devient » : l’importance de la question du genre en éducation est au cœur de la citation féministe la plus célèbre du monde francophone. À partir du moment où il est affirmé qu’aucune nature, qu’aucune biologie, qu’aucun destin préécrit ne permet d’expliquer (et de justifier) le monde social, à l’instant où on admet que « l’intervention d’autrui dans la vie de l’enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée » (de Beauvoir, 1949, p. 286), alors la question du genre en éducation et en formation devient centrale pour comprendre l’organisation sexuée de la société.
Comme l’ont souligné les auteures féministes des années 1970-1980, la sociologie française de l’éducation des années 1960-1970 s’est essentiellement préoccupée des inégalités de classes, reportant la « variable sexe » à un niveau secondaire. Après le texte pionnier de Liliane Kandel (1975), qui pointait le fait que le système éducatif français – malgré les principes d’égalité qui l’animent – discrimine les filles et les femmes, des ouvrages fondateurs de ce champ paraissent dans les années 1990. Nicole Mosconi (1989) interroge les effets de la mixité scolaire et crée peu à peu le concept de « rapport sociosexué au savoir » : si tous les individus ont le droit d’acquérir tous les types de savoirs, dans les faits, certains savoirs sont considérés comme tabous ou infamants, naturels ou transgressifs selon sa classe sociale et sa catégorie de sexe. De son côté, Marie Duru-Bellat (1990) rend compte de la façon dont l’école prépare les filles et les garçons à des rôles sociaux distincts. In fine, que l’on parle de didactique ou de pédagogie, qu’on l’aborde de manière transversale ou disciplinaire, qu’il s’agisse d’éducation des enfants ou de formation des adultes, que l’on se situe dans des institutions de formation ou dans des contextes non formels, il s’agit toujours de venir à bout de la hiérarchie inhérente au genre, soit en formant les individus de manière égalitaire, soit en débarrassant l’éducation des inégalités qui la traversent.
Nous vous proposons quatre thématiques :
Ce colloque est ouvert aux chercheur·ses de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales en lien avec l’éducation. Dans le but d’avoir un dialogue transatlantique, nous nous efforçons d’équilibrer les pays communicants. La jeune recherche est bienvenue.
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