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Martine Lauzier : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Dans le cadre de notre mémoire de maîtrise, nous souhaitions mieux comprendre quels étaient les impacts de plusieurs réformes et compressions budgétaires sur le travail des enseignantes au primaire (Lauzier, 2020). Pour ce faire, nous avons réalisé 8 entretiens semi-dirigés avec des enseignantes au primaire du secteur public. Un des résultats principaux de cette recherche est que leur travail s’est intensifié ces dix dernières années. Cela s’exprime notamment par un manque de ressources pour accompagner les élèves à défi; une augmentation de la bureaucratie; une relation client avec les directions et les parents; des attentes plus élevées en termes d’implication (comité, matière enseignée élargie, etc.); un manque de locaux dans les écoles (ajout de maison mobile); une augmentation des remplaçantes non qualifiées exigeant plus d’assistance; etc.
Ces différentes transformations concourent à augmenter la charge de travail, et à faire en sorte que le flux du travail soit continu; sans ces espaces « tampon » qui permettaient auparavant de souffler un peu et de mieux préparer ses journées. Il en découle une précarisation du travail des enseignantes au primaire ainsi qu’à de l’épuisement professionnel, des sentiments de frustration et de non-reconnaissance, etc.
Nous proposons donc pour le colloque #449 une communication individuelle où nous exposerions quelques transformations du travail des enseignantes au primaire et les impacts sur les travailleuses.
En 1994, dans le cadre d’un colloque intitulé La précarité dans l’enseignement, organisé par la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), le sociologue Claude Lessard, doyen de la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Montréal, proposait de « civiliser la précarité ». Qu’en est-il trois décennies plus tard ? Au niveau universitaire, selon les participants au colloque du congrès de l’Acfas 2021, intitulé Les enseignantes et enseignants contractuels au sein des universités du 21e siècle, la précarité aurait plutôt été systématisée que civilisée tel que l’entendait Claude Lessard. C’est l’évolution et l’intégration de cette précarité, non seulement à l’université mais dans tous les milieux de l’éducation, que nous proposons ici d’explorer.
La réalité des précaires a des répercussions autant sur les modalités de l’enseignement, le sentiment d’appartenance au milieu de travail que sur la qualité de vie de ces enseignantes et enseignants précaires. On peut conséquemment se demander quels sont les effets de la précarité sur les milieux d’enseignement et la société. Comment l’évolution des institutions met en relief et définit la précarité ? Comment les précaires se perçoivent, agissent et construisent leurs solidarités ? Comment l’arrivée des technologies dans l’enseignement modifie (ou non) cette précarité et ses répercussions ?
Ce colloque cherche à mieux comprendre les enjeux de précarité dans les milieux de l’enseignement; il vise à créer un espace d’échange entre les acteurs des différents milieux ainsi qu’à examiner les conditions et manières de l’agir. Il réunira délibérément des témoins et représentantes, représentants, ainsi que des spécialistes des diverses disciplines pertinentes. Ce colloque cherche à construire des savoirs et pratiques permettant de transformer le secteur de l’éducation dans l’intérêt commun, celui de ses travailleuses, travailleurs, élèves, étudiantes et étudiants, ainsi que des communautés qui les entourent.
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