pen icon Colloque
quote

L’intersectionnalité au prisme des pratiques vestimentaires et expression du genre dans la presse africaine et occidentale : Le cas des Premières dames africaines.

CS

Membre a labase

Chamberline Simo : Université Lumière-Lyon-II

Résumé de la communication

Cette communication se propose d’interroger la construction sociale médiatique du genre à l’aune des pratiques vestimentaires socialement et sexuellement différenciées dans le contexte politique africain post-colonial. Nous interrogeons l’orientation politique du vêtement à savoir, comment les médias africains et occidentaux interprètent-ils l’apparence des Premières dames africaines à partir d'assignations genrées et de catégorisation sociale préconstruites ? Quand on sait que les vêtements ont également à voir avec les particularités du métier politique, faut-il alors supposer que, pour certains commentateurs de la politique, cette ressemblance entre les pratiques et le corps des représentants et des représentés doit être catégorisée au nom de ce qui est la logique initiale de la représentation politique.

Pour répondre à ce questionnement, nous avons choisi de nous intéresser à la couverture médiatique au sein de la presse internationale et nationale. Dans un premier temps, nous montrerons que si les médias peinent à évoquer les identités qui contreviennent aux assignations genrées traditionnelles leur traitement révèle souvent un certain nombre d'ambivalences, de paradoxes, voire de contradictions. Nous mènerons pour cela une analyse comparée entre le Journal Le Monde et le magazine Jeune Afrique. Dans un second temps nous évoquerons les rôles genrés et les représentations physiques que renvoie les Premières dames elles-mêmes dans la presse nationale pour prendre en compte la complexité et la dynamique à l’œuvre dans la construction des identités de genre et les mécanismes organisationnels qui aboutissent à des formes de ségrégation sexuée horizontale et verticale à l’intérieur des rédactions et éclairer plus largement le fonctionnement des entreprises de presse les rapports de pouvoir qui s’y jouent.

Cette étude s'intéresse à la construction sociale médiatique du genre en examinant les pratiques vestimentaires différenciées dans le contexte politique africain post-colonial. Elle explore comment les médias africains et occidentaux interprètent l'apparence des Premières dames africaines à partir de catégorisations genrées et sociales préconstruites. L'étude se penche également sur la complexité des identités de genre dans la presse nationale en examinant les rôles genrés et les représentations physiques des Premières dames. Les résultats révèlent les ambivalences, les paradoxes et les contradictions dans le traitement médiatique de ces identités, ainsi que les mécanismes organisationnels qui conduisent à des formes de ségrégation sexuée horizontale et verticale au sein des rédactions.

Résumé du colloque

La notion de genre est devenue omniprésente dans la recherche sur le développement en Afrique (Treillet, 2008). Toutefois, la prégnance des partenaires internationaux dans ces recherches semble avoir affaibli son potentiel transformateur des relations de pouvoir inégalitaires dans les sociétés africaines (Parpart, 2014). En effet, le genre semble avoir été instrumentalisé pour pallier la résistance au concept de féminisme en Afrique. Or, cette résistance n’est pas synonyme d’un rejet de l’idéologie féministe entendue comme une critique des rapports sociaux de genre, mais comme une distanciation avec le féminisme en tant que « cadre universaliste de mobilisation » (Latourès, 2009, p. 144). De plus, ce refus provient de chercheur·se·s d’Afrique qui cherchent à s’approprier la lecture de leur propre réalité (Touré, 2002).

Sur le plan heuristique, il serait donc important de se demander à quelles réalités nous faisons référence quand nous parlons du genre en Afrique ? Quel est le sujet politique de la recherche sur le genre en Afrique ? Pouvons-nous affirmer que recherche féministe et recherche sur le genre sont interchangeables ?

Nous aimerions en débattre au regard des résistances que génère la question du féminisme en Afrique (Dieng, 2021). Il s’agira plus spécifiquement de poser la question des enjeux qu’une recherche sur le genre pose, notamment dans le processus de construction de la connaissance. Ces enjeux de plusieurs ordres se situent à l’intersection des inégalités de genre au sein du monde universitaire, la prégnance des agences de développement, mais aussi la division internationale du travail scientifique (Direnberger et Doubogan, 2022). S’agissant de la division internationale du travail scientifique, il serait intéressant d’interroger l’hégémonie des enjeux que constitue la non-interrogation d’un certain nombre de chercheur·se·s du Nord concernant les relations de pouvoir — rapports sociaux de race qui se juxtaposent aux rapports de genre — dans les espaces universitaires et les recherches sur le genre.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :