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Liturgie, geste et silence : les contributions d’Hélène Lubienska de Lenval

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Brian Almeida : Université Laval

Résumé de la communication

Hélène Lubienska de Lenval (1895-1972) est l’une des contributrices éclipsées du domaine de la théologie liturgique, voire de l’ensemble de la théologie chrétienne, dans le contexte du Mouvement liturgique. Nous voulons présenter trois axes essentiels de son corpus : la liturgie, le geste et le silence. La liturgie comme « mystère en acte » réussit à « unifier » et à entrainer par son rythme spatial l’homme tout entier — esprit, âme et corps — à graviter autour de Dieu. Elle exige une métaphysique agissante, vécue et incarnée, permettant la conscience de soi et des autres. Les historiens de la liturgie, préoccupés des textes, ne s’occupent que très peu de ce domaine agissant du geste liturgique, ce faisant le « langage » ou « l’art du geste » est tombé en décadence. Pourtant, c’est par tout leur comportement que les personnages bibliques communiquent : gestes d’humilité, de puissance, de guérison. Le geste exprime les « tendances profondes de l’être » et s’avère supérieur à la parole. Il faut redécouvrir cette dimension gestuelle et réapprendre à « faire prier le corps » dans la liturgie comprise comme « école de silence ». Loin d’être un mutisme, le silence du corps, de la pensée et de l’esprit se compose de vigilance, d’attention, d’attente, et demeure éminemment actif. Constitué d’un repos et d’une bienveillance qui refuse le bruit du monde externe et interne, le silence nous dirige vers l’altérité divine.

Résumé du colloque

Le champ des études rituelles témoigne d’un phénomène d’invisibilisation de la femme. On reconnaît volontiers les contributions décisives d’auteurs tels que Marcel Mauss, Victor Turner, Gregory Bateson, oubliant les femmes ayant œuvré avec eux. Mauss a initié avec succès des femmes au monde de la recherche anthropologique, dont Germaine Dieterlein et Denise Paume. Edith Turner a, pour sa part, accompagné son mari, Victor Turner, dans le cadre de son enquête de terrain auprès des Ndenbus en Afrique, y retournant après son décès pour reprendre la recherche. Mary Catherine Bateson, anthropologue comme son père, risque d’être connue plus par les fameux « métalogues » avec son père que par ses propres contributions, dont notamment son regard sur la vie des femmes. Ce phénomène réclame une prise de conscience critique et une mise en valeur du rôle et des contributions des femmes pour l’émergence, la constitution et le développement des études rituelles. À titre d’exemple, aux noms de Mary Douglas et de Catherine Bell, nous souhaitons ajouter les noms d’autres femmes pionnières oubliées ayant contribué à façonner les études rituelles avec de recherches originales. Avec Susanne Langer et Judith Butler, il est possible de mettre en valeur les apports interdisciplinaires des femmes. Avec Hélène Lubienska de Lenval et Marjorie Procter-Smith, le potentiel critique du regard féminin sur les rites religieux peut être revisité. Avec Marina Abramović, enfin, l’audace de l’invention rituelle et performative peut gagner un nouvel élan. Le point focal de notre colloque est la mise en valeur de l’originalité et de l’audace des contributions féminines aux études rituelles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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