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Mélanie Ann Smithman : University of Toronto
Il y a une reconnaissance grandissante de l’importance d’agir en amont sur les déterminants sociaux de la santé (conditions dans lesquelles les gens naissent, grandissent, vivent, travaillent, vieillissent et décèdent) pour réduire les inégalités sociales de santé et diminuer le recours aux soins des patients. Pourtant, il demeure rare de collecter des données et d’intervenir sur les déterminants sociaux de la santé des patients dans les organisations de santé de première ligne.
L'outil SPARK recueille des données démographiques et sociales (ex. : sécurité alimentaire, revenus, logement, genre, ethnicité). L'outil est actuellement mis en œuvre dans cinq cliniques (Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador et Nouvelle-Écosse) et sera déployé dans 25 cliniques à travers le Canada dans la prochaine année.
Afin de guider la future mise à l’échelle, nous menons une évaluation rapide (février-mai 2023) pour comprendre les défis et stratégies de mise en œuvre de collecte et d’utilisation des données démographiques et sociales des patients. La mise à l’échelle d’un tel outil en première ligne s’inscrit dans une optique de système de santé apprenant équitable et durable. L’évaluation rapide comporte des entrevues avec des informateurs clés de la première ligne, de l’amélioration de la qualité et des politiques de santé, ainsi que des cycles de rétroaction rapides avec un comité stratégique et un forum délibératif pour formuler des recommandations.
Les démarches visant la transformation des trajectoires de soins, par l’infusion d’innovations cliniques, technologiques, organisationnelles et sociales, ont fait l’objet d’un intérêt croissant de la part des gestionnaires et des chercheurs du domaine de la santé et des services sociaux dans le monde entier. Bien que le concept soit bien décrit dans la littérature (Seys et coll., 2019; Gartner et coll., 2022), la plupart des études demeurent conçues, implantées et évaluées pour répondre à des réalités locales. De plus, ces programmes restent encore décevants dans leurs résultats au regard des ressources investies et de leurs potentiels anticipés (Lachman et coll., 2020). Dans une logique de systèmes de santé apprenants, elles restent décevantes du fait du peu de possibilités de les répliquer ailleurs. Il devient alors essentiel de clarifier les facteurs clés de succès nécessaires à la réplication de ces démarches fondées sur l’innovation, au sein d’espaces contrôlés, mais aussi d’expliciter les mécanismes et les infrastructures permettant leur diffusion à grande échelle. C’est pourquoi nous jugeons pertinent et nécessaire de nous tourner vers les approches théoriques se référant à la science de l’implantation et à la science de la mise à l’échelle (Greenhalgh et Papoutsi, 2019) et de nous enquérir des façons les plus appropriées de répliquer les innovations infusées dans les trajectoires de soins dont les résultats sont démontrés par des données probantes au sein du système de santé et des services sociaux. Nous nous intéressons notamment aux :
1) modèles de gestion (interorganisationnels et intersectoriels) visant l’amélioration des trajectoires de soins à l’échelle du système;
2) méthodes de soutien au changement à tous les niveaux (macro/méso/micro);
3) modèles d’évaluation de la performance dans une perspective de systèmes de santé apprenants;
4) outils et méthodes de réplication et de mise à l’échelle des programmes de trajectoires de soins et des innovations générées.
Titre du colloque :