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Anne-Laure Le Nadant : Université Rennes 2
Les espaces de coworking offrent des opportunités d'interactions sociales pouvant conduire à diverses formes de collaboration. L'objectif de la recherche est d'étudier les motivations internes (liées aux motivations individuelles) et externes (induites par l'atmosphère sociale du lieu et les relations avec les autres utilisateurs) des coworkers à collaborer en fonction de leurs motivations à travailler dans un espace de coworking (professionnelles ou qualité de vie au travail). Nous avons réalisé une enquête quantitative au printemps 2020 auprès des utilisateurs de ces espaces en France. Les résultats montrent des différences dans les motivations externes à participer à un projet commun entre les groupes de coworkers catégorisés selon leurs motivations à travailler dans un espace de coworking. En revanche, aucune différence entre les groupes n’apparaît dans les motivations internes à participer à un projet commun. Ces résultats soulignent l'importance des motivations collectives (liées à l'animation et l'atmosphère sociale) pour favoriser la collaboration dans les espaces de coworking. Des résultats complémentaires issus de l’enquête permettent, de plus, de dessiner des perspectives pour l’avenir du coworking. Cette organisation du travail devrait continuer à se développer sur tous les types de territoires après la crise de la COVID-19. De nouvelles pratiques devront toutefois être proposées par les espaces pour s’adapter aux contraintes sanitaires et au contexte économique.
Les tiers-lieux se sont beaucoup multipliés au cours des dernières décennies, tant au Québec qu’au Canada et à l’échelle internationale. Dans nombre de pays industrialisés de longue date, mais aussi dans des pays émergents, notamment en Asie du Sud-Est, le coworking serait devenu, depuis ces dix dernières années, un nouveau mode d’organisation du travail basé sur un espace de travail partagé, mis en place dans le but de favoriser les échanges et l’émulation créative entre les coworkers, et ce, afin d’alimenter l’innovation. Le coworking s’est relancé depuis la pandémie, mais les autres tiers-lieux se sont aussi développés. Dans ce colloque, nous nous intéresserons surtout aux espaces de coworking. Les espaces de coworking sont apparus vers le milieu des années 2000, à San Francisco dans le contexte de la Silicon Valley, du logiciel libre et du Web 2.0. Le coworking renvoie à un type d’espace et d’organisation du travail particulier : il désigne à la fois le partage d’un espace de travail collectif (bien que les bureaux fermés et personnels se multiplient dans ces espaces récemment), mais aussi une forme de mise en réseau de travailleurs au sein du même espace favorisant l’échange, la collaboration, le réseautage dans un espace de travail donné (Fabbri, 2015). Le coworking s’inscrit dans le contexte plus large de l’émergence des « tiers-lieux » (Oldenburg, 1999; Scaillerez et Tremblay, 2016), soit des lieux qui se situent entre le lieu de résidence et le lieu de travail traditionnel.
Ce colloque réunira des communications visant à analyser le phénomène de coworking dans divers contextes, soit différents pays, des espaces urbains, périurbains et ruraux, etc. Les communications traiteront de divers aspects : les caractéristiques des espaces de coworking et des coworkers, les échanges et le réseautage dans les espaces; les comparaisons internationales entre les espaces européens et nord-américains notamment; l’apport des espaces à l’économie locale et urbaine; des analyses de cas, des analyses théoriques sur le coworking, le réseautage, la collaboration et l’innovation.
Titre du colloque :