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Capucine Coustere : Université Laval
Fin 2022, le gouvernement canadien a annoncé l’objectif d’accueillir 500 000 résident‧es permanents par an d’ici 2025. L’obtention de ce statut requiert aujourd’hui de manière croissante une expérience de migration temporaire préalable. À cela s’ajoute, pour les candidat‧es du Québec, la sélection par la province avant de postuler au fédéral. Or, depuis l’élection de François Legault en 2018, les politiques d’accès à la résidence permanente (RP) du Canada et du Québec sont en décalage. Le premier augmente les seuils d’admission et valorise l’expérience de migration temporaire, à l’opposé du second.
S’appuyant sur des entrevues répétées auprès de dix-neuf migrant.es ayant une expérience de travail dans l’hôtellerie-restauration avec un permis de résidence temporaire au Québec, en 2019, 2020 et 2022, cette communication examine l’effet du décalage entre le discours et les politiques migratoires de ces niveaux de gouvernance sur le parcours et le projet migratoire de ces aspirant‧es à la RP.
Il ressort de l’analyse un écart fréquent entre le statut de résidence détenu et le projet migratoire. Par ailleurs, si la négociation des politiques migratoires des deux milieux de gouvernance affecte les parcours, les aspirant‧es à la RP tirent également partie de ce décalage pour mener à bien leurs projets migratoires.
Ce colloque aborde les politiques d’immigration du Québec dans une perspective comparée par l’angle du décalage. Nous observons en effet des décalages importants dans ce domaine entre discours politiques et médiatiques sur l’immigration, et les réalités matérielles du terrain, et ce, en ce qui touche autant l’orientation des politiques, la mise en œuvre des systèmes, les besoins et trajectoires des immigrants, que les perceptions locales et agrégées.
Ce colloque fera dialoguer des analyses empiriques qui porteront sur les différentes facettes de ce décalage au Québec dans une perspective comparée. Il traitera du rôle des citoyens, des mouvements sociaux, des partis politiques, des médias, des fonctionnaires dans le décalage entre discours politique de l’immigration et réalités de terrain. Nous mettrons ainsi en évidence des similarités et différences dans la façon dont ce décalage est conçu et se constitue au Québec et ailleurs. Il présentera comment les acteurs communautaires vivent ce décalage et explorera son incidence sur les immigrants eux-mêmes. Le colloque permettra aussi de réfléchir aux conséquences à long terme de ce décalage en plus de discuter d’intervention permettant de mieux aligner ces réalités, et ce, au Québec et ailleurs.
Titre du colloque :