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Malek Batal : Université de Montréal
Dans l’ère de l’anthropocène où l’impact de l’humain sur son environnement devient de plus en plus visible, incluant les changements climatiques, la dégradation environnementale et l’extinction massive de la biodiversité, nous nous devons de remettre en question le rôle de notre alimentation et de notre système alimentaire conventionnel qui sont responsables d'environ un tiers des émissions mondiales des gaz à effet de serre, qui contribuent significativement à la pollution environnementale en pesticides et fertilisants chimiques et qui favorisent un nombre limité d’espèces végétales et animales, menaçant ainsi le maintien d’une riche biodiversité. Des modèles de production et de transformation alimentaires alternatifs existent pourtant avec la promesse de nourrir l’humanité à moindre coût écologique. Nous exposons l’impact des systèmes actuels de production, de transformation, de transport des aliments ainsi que les déchets que ces systèmes génèrent sur notre écosystème et la santé des animaux et des humains et explorons des solutions durables, traditionnels comme modernes, respectueuses de l’environnement et socialement responsables.
Au moment où notre fulgurante entrée dans la sixième extinction de la planète nous presse de réduire notre empreinte écologique, énergétique, agroalimentaire et hydrique, l’actuel modèle de développement sociotechnique, marqué par une concentration inégalée des industries, un abyssal élargissement des écarts et une menaçante dilapidation des ressources, vit une crise profonde. Ainsi, même les systèmes agro-industriels, censés nourrir le monde, contribuent paradoxalement, par leur intensification, à 30 % des émissions de gaz à effet de serre et à l’effondrement de la biodiversité. Sur le plan énergétique, les choix de filières et leur intégration dans des plans globaux, limitant l’accélération des dérèglements climatiques, souffre de sérieux problèmes de retards et de cohérence dont pâtissent tous les secteurs d’activité, notamment les transports et l’habitat. Piégés, nous flirtons ainsi d’un côté avec les menaçantes limites planétaires et leurs périlleux points de bascule, et nous sommes happés, de l’autre, par des conflits armés aux redoutables flambées de coûts énergétiques et alimentaires, voire de pénuries. Comment alors pourrions-nous ignorer d’examiner ensemble les enjeux, les stratégies et les horizons de transitions énergétiques et agroalimentaires ? D’une ampleur inégalée, ces changements structurels toucheront l’ensemble des sociétés et de leur fonctionnement, nécessitant d’importants recadrages des paradigmes à l’œuvre et de solides mesures d’adaptation. Or, la gamme des objectifs et des voies divergentes proposées (frugalité volontaire et modes de vie alternatifs, recours technologiques accrus), voire parfois imposées (politiques incitatives ou « punitives » de réduction de la consommation), mérite d’être examinée, en ce qui touche la sécurité alimentaire et énergétique, les conditions de vie et de santé viables et de vitalité des écosystèmes, des milieux urbains et ruraux, tout en étant contextualisée dans une perspective d’espoir et de bien commun.
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