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Nouveau regard sur les tensions ressenties par les parents d’accueil dans leur rôle : l’apport de l’éthique des vertus

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Marie-Pierre Joly : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans le contexte du placement en protection de la jeunesse, les parents d’accueil sont des acteurs incontournables. Bien qu’essentiel, leur rôle à la fois parental et professionnel demeure parsemé de défis, d’inconforts et de tensions diverses (De Wilde et al., 2019, Schofield et al., 2013).

Cette présentation se base sur une étude doctorale qui explore ces tensions sous l'angle de l'éthique des vertus. Les objectifs de l’étude sont 1) d'identifier les situations éthiquement difficiles auxquelles font face les parents d'accueil au Québec et 2) de mieux comprendre leur raisonnement éthique. Pour atteindre ces objectifs, une analyse de contenu thématique a été menée à partir d’entretiens individuels semi-structurés avec 19 parents d'accueil.

Cette présentation aborde le dilemme et la souffrance qui s’imposent lorsque les grandes difficultés de l’enfant forcent le parent d’accueil à envisager le déplacement. Dans le cadre de la présentation, la pertinence de considérer la persévérance et le care comme des vertus utiles pour faire face au dilemme sera discutée, ainsi que le risque de s’appuyer trop fortement dans la réflexion sur des principes en apparence consensuel tel que l'engagement envers l'enfant : comment un parent - même d'accueil - peut-il laisser tomber son enfant ? Finalement, des pistes seront soulevées afin de diminuer la souffrance éthique ressentie par les parents d’accueil dans ces circonstances extrêmes, mais non exceptionnelles.

Résumé du colloque

Lorsque la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) intervient dans la vie d’un enfant, un placement en famille d’accueil ou en milieu institutionnel peut être nécessaire pour le protéger. Selon Hélie et al. (2020), 63 % d’une cohorte d’enfants pris en charge par la DPJ en 2007-2008 ont vécu au moins un placement au cours des 9,5 années suivant leur entrée dans les services. Selon le principe du meilleur intérêt de l’enfant, l’intervention doit assurer stabilité et continuité des liens à l’enfant retiré de son milieu familial. Selon le cas, le projet de vie de l’enfant sera d’être réunifié avec ses parents, d’être placé jusqu’à sa majorité, qu’on lui nomme un tuteur ou qu’il soit adopté (MSSS, 2016).

Dans la foulée du rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ) déposé en mai 2021, où un chapitre complet est dédié au fait d’assurer une famille pour la vie aux enfants pris en charge par la DPJ, il est nécessaire d’appuyer les pratiques d’accompagnement et de soutien aux familles d’origine, d’accueil et d’adoption sur des données scientifiques de pointe. C’est précisément la mission que s’est donnée l’Équipe de recherche sur le placement et l’adoption en protection de la jeunesse (ERPAPJ). Sa programmation de recherche se décline en trois axes : 1) la trajectoire de vie des enfants placés ou adoptés; 2) les relations entre les réseaux familiaux entourant l’enfant placé ou adopté; et 3) le système sociojudiciaire et les pratiques régulant le placement et l’adoption. Ces axes s’inscrivent dans un ancrage conceptuel écosystémique (Bronfenbrenner, 1995; 2005; Liao, 2005) ainsi que dans la perspective théorique du parcours de vie, afin de tenir compte de la complexité des liens entre le temps, la trajectoire sociale, le développement individuel, les relations interpersonnelles et le contexte sociohistorique (Elder et al., 2003; Gherghel et Saint-Jacques, 2013).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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