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Nouvelles formes de précarité dans l’enseignement primaire et secondaire au Québec : le cas des enseignants non-légalement qualifiés

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Genevieve Sirois : Université TÉLUQ

Résumé de la communication

Dans les années 1980, la profession enseignante a vécu une augmentation de la précarité dans un marché de l’emploi caractérisé par des surplus d’enseignants formés par rapport aux besoins en raison d’un déclin des populations scolaires. Alors que les enseignants recrutés entre 1955 et 1970 avaient majoritairement obtenu une permanence d’emploi, les nouvelles générations embauchées dans les années 1980-1990 ont difficilement accès à des postes réguliers à temps plein avec permanence (Tardif, 2013). Cette précarité ne s’est, depuis, pas estompée, mais elle tend à se transformer. Dans le contexte actuel, l’accès à des postes à temps plein permanent est considéré comme plus facile et rapide qu’auparavant. Pourtant, avec la pénurie d'enseignants observée depuis 2017, on note une augmentation fulgurante du recrutement d’enseignants qui ne possèdent pas les qualifications légales requises pour exercer dans la profession. Ces enseignants non-légalement qualifiés sont souvent recrutés dans un contexte d'urgence, sans toujours pouvoir bénéficier d'un accompagnement ou d’une formation minimale adéquats. Ils n’ont accès qu’à de la suppléance à court terme, où pour certains d’entre eux seulement, à des contrats à temps partiels. Ils sont également exposés à des risques de non-renouvellement de leur contrat et à des conditions de travail plus difficiles. Cette situation est paradoxale, car elle montre que la pénurie d'enseignants ne se traduit pas par une valorisation du métier, mais plutôt par une dégradation des conditions d'exercice. Il est donc nécessaire de s'interroger sur les causes et les effets de cette précarisation, ainsi que sur les moyens de la prévenir et de la réduire.

Résumé du colloque

En 1994, dans le cadre d’un colloque intitulé La précarité dans l’enseignement, organisé par la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), le sociologue Claude Lessard, doyen de la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Montréal, proposait de « civiliser la précarité ». Qu’en est-il trois décennies plus tard ? Au niveau universitaire, selon les participants au colloque du congrès de l’Acfas 2021, intitulé Les enseignantes et enseignants contractuels au sein des universités du 21e siècle, la précarité aurait plutôt été systématisée que civilisée tel que l’entendait Claude Lessard. C’est l’évolution et l’intégration de cette précarité, non seulement à l’université mais dans tous les milieux de l’éducation, que nous proposons ici d’explorer.

La réalité des précaires a des répercussions autant sur les modalités de l’enseignement, le sentiment d’appartenance au milieu de travail que sur la qualité de vie de ces enseignantes et enseignants précaires. On peut conséquemment se demander quels sont les effets de la précarité sur les milieux d’enseignement et la société. Comment l’évolution des institutions met en relief et définit la précarité ? Comment les précaires se perçoivent, agissent et construisent leurs solidarités ? Comment l’arrivée des technologies dans l’enseignement modifie (ou non) cette précarité et ses répercussions ?

Ce colloque cherche à mieux comprendre les enjeux de précarité dans les milieux de l’enseignement; il vise à créer un espace d’échange entre les acteurs des différents milieux ainsi qu’à examiner les conditions et manières de l’agir. Il réunira délibérément des témoins et représentantes, représentants, ainsi que des spécialistes des diverses disciplines pertinentes. Ce colloque cherche à construire des savoirs et pratiques permettant de transformer le secteur de l’éducation dans l’intérêt commun, celui de ses travailleuses, travailleurs, élèves, étudiantes et étudiants, ainsi que des communautés qui les entourent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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