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Marie-Odile Magnan : Université de Montréal
Dans les dernières années, les politiques Équité, diversité et inclusion (EDI) se sont développées en enseignement supérieur au Canada, souvent en mode réactif plutôt que proactif. Le Plan d’action pour l’EDI du gouvernement fédéral de 2017 a contraint les universités à créer des politiques EDI selon une approche top-down. À partir d’une approche constructiviste des politiques publiques (Muller, 2013), nous avons réalisé un portrait des plans d’action EDI dans les universités québécoises (n=16) selon une analyse documentaire de contenu (Bowen, 2009). Ceci nous a permis d’identifier les volets plus couverts et les moins couverts dans les plans d’action. Il en ressort que dans la majorité des universités, les mesures se concentrent sur la gouvernance, le vivre ensemble et les ressources humaines. Nous faisons l’hypothèse que l’importance accordée à ces mesures s’expliquerait par la demande initiale du fédéral de rendre plus équitable l’accès aux Chaires de recherche du Canada par des groupes désignés. De plus, l’analyse a mis en exergue le fait que les membres étudiants ne sont pas au centre des premiers plans d’action EDI de la majorité des universités québécoises. Or, les recherches soulignent la persistance d’inégalités pour des groupes étudiants historiquement marginalisés. Il en ressort que les prochaines actions des universités pourraient se focaliser sur une approche bottom up, c’est-à-dire sur l’écoute de la parole des groupes désignés au sujet des politiques EDI.
Les populations étudiantes des collèges et des universités se sont diversifiées considérablement dans les dernières décennies, exigeant de repenser et de revoir les manières de les inclure (El-Hage, 2020). Malgré des avancées importantes en matière d’accessibilité à l’enseignement supérieur, tous et toutes n’ont pas les mêmes chances de réussir et de diplômer de leur programme d’études (Bélec et Doutreloux, 2022). Les circonstances de la pandémie de COVID-19 ont également mis en évidence des inégalités dans les conditions de réussite (Luster et al., 2021).
La population étudiante – qu’elle soit issue de la diversité sexuelle et de genre ou de la diversité ethnoculturelle, de première génération à fréquenter un établissement d’enseignement supérieur, en situation de handicap, etc. – vit des réalités hétérogènes et possède ainsi des besoins différents en matière de soutien à la réussite. En ce sens, les concepts d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) sont au carrefour de la réussite étudiante et des enjeux actuels d’accès et de persévérance en enseignement supérieur.
Afin qu’un maximum d’étudiantes et d’étudiants accèdent aux collèges et aux universités, y persévèrent et en diplôment, les établissements d’enseignement supérieur doivent se préoccuper des différents obstacles qui jalonnent leurs parcours, et tenir compte des dynamiques de reconnaissance et de la valorisation de l’unicité de chaque personne étudiante. Les collèges et les universités sont de plus en plus appelés à s’éloigner de la conception d’un « étudiant-type » et d’un parcours standard à emprunter pour réussir un projet de formation (Conseil supérieur de l’éducation, 2022). Ils sont amenés à reconnaître que les différents parcours étudiants peuvent constituer des réussites même s’ils dévient du cheminement linéaire traditionnel. Une vision englobante de la réussite permet d’envisager une diversité de parcours d’études possibles (ibid.).
Le colloque de l’Observatoire sur la réussite en enseignement supérieur (ORES) souhaite donc contribuer à l’avancement des connaissances par la diffusion et le partage de données scientifiques et par la discussion sur la thématique de la réussite étudiante en enseignement supérieur au carrefour des concepts d’équité, de diversité et d’inclusion.
La thématique du colloque fera d’ailleurs l’objet d’un dossier thématique de l’ORES à paraître à l’hiver 2023.
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