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Karine Bedard : Université de Montréal
Mise en contexte : Depuis la fin des années 1990, la littérature portant sur l’évaluation des services et des pratiques en éthique clinique et organisationnelle est grandissante. Plusieurs éthiciens travaillant dans les établissements de santé et dans les universités se demandent comment faire. Pourquoi n’y-at-il pas à ce jour de normes de pratiques en éthique au Québec ? Qu’est-ce qui doit faire l’objet d’une évaluation (le service, l’éthicien, la consultation, les trois)?
Problématique : Une diversité de disciplines a contribué à l’essor de la bioéthique et de l’éthique clinique. Les activités des services d’éthique clinique sont vastes et se situent à différents niveaux d’une organisation. Cette diversité se retrouve maintenant dans les structures, les processus, les activités, les rôles des éthiciens, leur formation et leur parcours académique. Elle représente une richesse, mais un défi colossal pour ceux qui s’intéressent à évaluer et améliorer les pratiques en éthique. Comment concilier diversité et cohérence?
Objectif : présenter succinctement comment le portrait des services d’éthique clinique et organisationnelle réalisé en 2022 par le regroupement des éthiciens du RSSS peut contribuer à la réflexion sur la certification des éthiciens au Québec.
Conclusion : la certification des éthiciens peut assurément contribuer à assurer la qualité des services offerts dans les établissements, mais ne pourrait à elle seule être un gage de la qualité des services rendus.
L’éthique clinique fait l’objet d’une professionnalisation croissante en Amérique du Nord, en Europe et ailleurs. L’objectif de l’éthique clinique étant l’identification, l’analyse et la résolution des dilemmes et des conflits éthiques dans le cadre des soins de santé, des compétences spécifiques pour les éthiciens et des critères pour les évaluer sont fortement nécessaires (Picozzi et al., 2018). De nombreux efforts ont été déployés par des éthiciens cliniques et des chercheurs américains (en particulier l’American Society for Bioethics and Humanities) pour définir les connaissances et les compétences de base nécessaires en matière de formation et de qualité auxquelles les personnes devraient satisfaire pour pouvoir exercer en tant qu’éthiciens. Les expériences américaine et allemande de processus de certification des éthiciens sont des exemples qui encourageraient sa mise en œuvre au Québec. La certification consiste en la création d’un système standardisé visant à assurer (et à mesurer) des compétences adaptées, des habiletés et des expériences professionnelles précises — propres à la pratique de l’éthique clinique en milieu de soin. Une certification tiendrait compte notamment des incidences des consultations en éthique clinique (CEC) sur la santé des patients (Kodish et al., 2013). Elle répondrait également à un besoin de reconnaissance institutionnelle de la CEC en tant qu’outil associé à une véritable profession, celle d’éthicien clinique. La montée des demandes de CEC et l’engagement récent des éthiciens dans la gestion de la pandémie de COVID-19 au Québec pousse à s’interroger sur les méthodes de mesure de la qualité de ces services (Leslie et al., 2016).
Notre colloque propose d’explorer les questions suivantes : la certification est-elle un besoin ressenti par les éthiciens au Québec ? Comment devrait-elle se concrétiser ? Quels sont les arguments en faveur ou en défaveur d’une certification ? Peut-elle être garante de la qualité des éthiciens et de la CEC ?
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