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Que nous apprend la série Sandman sur la sociologie wébérienne de l'action?

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Olivier Audet : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

L’utilisation d’extraits de films ou de séries est l’une des nombreuses méthodes déployées pour susciter l’engagement des étudiants, qui sont nombreux à passer par les sciences humaines plutôt par défaut que par intérêt. Le fantastique et la science-fiction sont cependant peu exploités à ces fins. Si toutes les fictions ne s’y prêtent certainement pas, ceux d’entre nous qui apprécient le fantastique et la science-fiction savent que le fantastique est souvent une allégorie du social, et nous sommes parfois surpris de trouver dans des œuvres grand-public des éléments d’une complexité et d’un intérêt surprenants. L’épisode 5 de la série Sandman se suffit largement à lui-même et reprend un scénario relativement commun issu du fantastique et de la science-fiction (les personnages sont contraints d’agir uniquement selon leurs « réels désirs », ce qui sème immédiatement la zizanie), avec un dénouement aux accents surprenamment sociologique, sur la complexité des motivations humaines et le danger de les simplifier à outrance. Cette présentation tente d’extraire le potentiel pédagogique de cet épisode, dans le but d’enseigner quelques notions (la typologie de l’action sociale de Max Weber, et quelques notions sur la posture du chercheur en sociologie) mais aussi dans l’espoir d’encourager chez les étudiants une lecture sifférente de la fiction qu’ils consomment.

Résumé du colloque

L’univers des superhéros prend désormais une place considérable dans l’univers culturel et social des Québécois. Qu’il soit adapté à l’écran ou qu’il se révèle sur papier, au moyen des créations cinématographiques à grand déploiement, des séries télévisées, des bandes dessinées, des romans, etc., il semble appartenir désormais à l’imaginaire culturel québécois. Si les productions issues de cet univers s’avèrent majoritairement américaines, les superhéros et le monde dans lequel ils s’articulent demeurent nonobstant significatifs dans l’univers social québécois. Dès lors, il s’avère important de questionner dans quelle mesure l’analyse du cosmos superhéroïque peut être fructueuse pour consolider et développer les savoirs dans les sciences sociales. Dans quelle mesure est-il pertinent de s’appuyer sur un univers issu des comics et est-ce que cela peut effectivement permettre de porter un regard nouveau et pénétrant pour l’étude de la représentation des rapports sociaux ? Un colloque permettant de libérer un espace de recherche et de découverte centré sur l’univers des superhéros pourrait dès lors permettre de répondre à cette question, ainsi qu’à plusieurs autres. Dans quelle mesure l’univers des superhéros, mais également celui des supervilains, est-il un objet social en soi, et dans quelle mesure cet univers est-il un outil d’analyse pertinent, et peut-être même un outil d’enseignement dans un cadre pédagogique en sciences humaines et sociales ? Est-il plausible que le monde politique et social dépeint dans l’univers des superhéros puisse mettre au jour, dans le monde qui nous est contemporain, certaines subtilités dans la manière dont sont configurées nos relations sociales, et plus largement certains des rapports sociaux animant notre société ? Dans un esprit dialogique, dans quelle mesure la reconfiguration des rapports sociaux dans le monde réel est-elle à même de transformer les produits de l’univers des superhéros ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Sivane Hirsch
section icon Date : 10 mai 2023

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