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Guillaume Christen : Université de Strasbourg
Notre proposition s’intéresse aux conditions permettant de favoriser l’autodétermination des personnes en situation de handicap. Notre contribution s’appuie sur une recherche-action qui évalue une innovation sociale portée par l’association parentale Dediĉi (France). La méthode consiste à déployer des ateliers dits de renforcement qui ont pour dessein de travailler auprès des professionnels, des parents et des personnes concernées la question de l’autonomie de décision. Les résultats présentés interrogent les possibilités et les conditions de prise en compte de la parole des personnes vulnérables en institution. D’une manière générale, notre propos cherche à comprendre les conditions d’« un agir », en considérant l’épaisseur du social, c’est-à-dire les ressources externes et internes que les personnes peuvent mobiliser, ainsi que le poids de l’environnement social, qu’il soit institutionnel ou familial (Jouffray et al., 2019). Dans cette perspective, l’analyse aborde les ateliers de renforcement comme des « environnements capacitants ». En effet, ces configurations favorisent des expériences nouvelles et peuvent être considérées comme des processus d’opportunités mettant à disposition des ressources et des moyens aux personnes accompagnées (Falzon, 2005). Nous reviendrons sur les effets induits par les ateliers : favorisent-ils la conversion des ressources pour appuyer la fabrique d’un « je sais le faire », « je suis en mesure de faire » et « j’en prends les moyens » ?
Associant une nécessité éthique (Ebersold, 2017; Gardou, 2012) et des engagements internationaux (ONU, 2006), la participation des personnes handicapées à la société ne pose guère de problèmes dans ses principes comme en témoignent de nombreuses enquêtes (voir par exemple Kantar Public, 2018-2019 pour la France). La difficulté vient de la mise en œuvre (DGCS, 2017). De grands défis se posent alors, pour les personnes, les familles, les accompagnants et pour l’ensemble des professionnels, sur la façon dont les personnes peuvent faire valoir leurs projets, leur devenir et construire des parcours en conséquence.
Dans ce contexte de promotion d’une société inclusive, les métiers de l’accompagnement se transforment passant d’une logique d’assistance et de « prise en charge » protectrice à une logique d’autonomie visant à permettre aux personnes de construire et de mettre en œuvre leur projet de vie (Chossy, 2010; Stiker et al., 2014). Dans cette perspective, les professionnels sont de nouveau invités à renforcer leur relations avec les parents pour faire en sorte que la construction des projets et parcours de vie ne résulte pas d’un choix contraint (Guirimand et al., 2018) aligné, par exemple, sur les capacités d’accueil des structures. Cependant, l’action des professionnels reste souvent limitée par les logiques en silo de l’action publique (Lafore, 2009) et par un secteur médico-social habitué à fonctionner de manière indépendante (Chauvière et Plaisance, 2008). En d’autres termes, le projet des familles se trouve fréquemment contraint par les solutions existantes et des acteurs habituellement sollicités.
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