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Rim Hammoud : Université libanaise
Notre présentation se situe dans le contexte de recherche collaborative menée dans le cadre d’un réseau nommé LéAL (Lieux d’éducation associés au Liban) qui vise à promouvoir la collaboration entre une équipe de cinq chercheurs de la faculté de pédagogie de l’Université Libanaise et des acteurs de l’éducation de trois établissements scolaires.
Notre présentation porte sur une thématique travaillée au sein de ce réseau, à savoir l’interdisciplinarité. Nous nous centrons sur le rôle des acteurs (acteurs scolaires et chercheurs) et sur les modalités de collaboration permettant la construction, la négociation et le maintien d’une entente qui régit les interactions et l’engagement de chacun dans la collaboration pour aboutir à une relation de confiance réciproque.
Historiquement, l’interaction entre les milieux de la recherche et de la pratique s’est développée de façon hiérarchique, en raison de la posture d’autorité conférée aux chercheurs par leur statut d’experts (Anadón et Couture, 2007; Bélanger Sabourin et Morrissette, 2022; Hooper et Brandt Britnell, 2012). Or, depuis 40 ans, sous l’impulsion de figures de proue comme John Goodlad et Ann Lieberman ainsi que Nadine Bednarz et Serge Desgagné, on assiste à un changement dans la façon de mener la recherche en éducation. C’est une relation plus égalitaire et complémentaire dont il est question (Penuel et Gallagher, 2017), sous l’égide du paradigme de la recherche participative.
La famille des approches participatives est vaste (Anadón et Couture, 2007; Bray, Lee, Smith et Yorks, 2000; Heron et Reason, 2008). Elle se décline notamment en recherche-action (Anadón et Savoie-Zajc, 2007), recherche collaborative (Desgagné et al., 2001), design-based research (Brown, 1992; Breuleux, Erickson, Laferrière et Lamon, 2002), recherche-action-formation (Paillé, 1994; Prud’homme, 2007), recherche-développement (Loiselle et Harvey, 2007), codesign (Voogt et al., 2015) ainsi que plusieurs autres variantes. Chacune possède ses spécificités. Bourrassa et al. (2017) ainsi que Lapointe et Morrissette (2017) rappellent qu’elles ont aussi des points communs : visée d’amélioration d’une situation, de transformation des pratiques, de développement professionnel, de production de connaissances et de résolution de problème.
En raison de leur vocation, la résultante des recherches participatives se présente souvent sous la forme de retombées pratiques (développement professionnel des intervenants, apprentissage des élèves, conception d’outils ou de matériels, etc.). Elle s’intéresse moins aux processus en jeu pendant que les chercheurs et intervenants des milieux scolaires travaillent ensemble (Chan et Clark, 2014; Coburn et Penuel, 2016). Ce sont ces aspects processuels qui sont au cœur de notre colloque. Plus précisément, nous souhaitons discuter de sujets comme les suivants : l’influence des attentes; la négociation d’un objet; les rôles des acteurs; le travail de médiation; l’agentivité; la relation de confiance entre les collaborateurs; la modélisation de la démarche de recherche; la construction identitaire; les mécanismes de valorisation des savoirs; le flux d’information et de savoirs; la résolution des tensions, etc.
Le format du colloque combine de brèves présentations suivies de discussions en plénière. Les présentations peuvent porter sur des résultats empiriques, des réflexions théoriques ou méthodologiques, l’explication de dispositifs de collecte ou d’analyse de données, des témoignages expérientiels.
Les chercheurs sont conviés à impliquer, d’une manière ou d’une autre, un intervenant des milieux scolaires avec qui ils ont travaillé.
Titre du colloque :