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Roxane Assaf : Université de Montréal
Résumé :
Bien que le cannabis soit considéré comme une substance psychoactive non-dangereuse, le risque de psychose lié à la consommation de cannabis demeure un enjeu de santé publique important. Cependant, il n’existe pas de stratégies validées pour la prévention des troubles associés au cannabis. L’équipe canadienne de recherche sur le cannabis et la psychose CCPRT rassemble des chercheurs canadiens pour optimiser la recherche sur les effets neurodéveloppementaux du cannabis pendant l’adolescence. A travers cet effort collaboratif, l’équipe cherche à identifier des biomarqueurs et facteurs de risque pour informer le développement de stratégies d’intervention visant à réduire les troubles psychotiques liés à la consommation de cannabis.
Des analyses de données animales et humaines ont révélé des effets du cannabis sur la maturation cérébrale et l’épaisseur corticale, avec des changements plus prononcés chez les mâles. De plus, des analyses génétiques ont permis l’identification de gènes impliqués dans les effets du cannabis sur la structure cérébrale. Finalement, des données humaines ont démontré que le cannabis influencerait le développement d’expériences psychotiques à travers différents facteurs de risque comme le sommeil, l’anxiété, et le contrôle inhibitoire.
Ainsi, ces résultats préliminaires suggèrent que le cannabis aurait des effets sur le développement cérébral adolescent et l’apparition de symptômes psychotiques tout en soulignant plusieurs facteurs de risque.
Comprendre le cerveau et s’occuper des maladies qui en relèvent représentent un défi de société. Le 21e siècle a été désigné le siècle du cerveau. Au cours de sa vie, un Canadien sur trois sera touché par une maladie, un trouble ou une blessure du cerveau ou du système nerveux.
Le coût total des troubles neurologiques et de santé mentale auquel s’ajoutent les coûts directs de la toxicomanie représente pour l’économie canadienne cent vingt milliards de dollars par an.
La compréhension du cerveau et des environnements dans lesquels il baigne est donc nécessaire pour mieux appréhender les maladies, les prévenir et les traiter. Les travaux en neurosciences et en santé mentale en vase clos ne sont plus suffisants pour comprendre la complexité des troubles neurologiques et psychopathologiques. Des collaborations en neurosciences et en santé mentale sont désormais nécessaires pour avoir une vision d’ensemble, en portant autant sur la phase clinique que sur l’étude et la prise en compte du changement des habitudes, des valeurs sociétales, de la technologie.
Ce colloque organisé par SENSUM (Stratégie en neurosciences et santé mentale de l’Université de Montréal) a donc pour objectif de démontrer que des collaborations interdisciplinaires en neurosciences et en santé mentale sont désormais nécessaires pour avoir une vision d’ensemble. Ce colloque permet un échange entre des conférenciers affiliés à des facultés, à des départements, à des groupes et à des centres de recherche dont les travaux interviennent dans des secteurs et des thématiques de recherche ou de clinique très différents les uns des autres.
Autour de quatre sujets en lien avec la thématique générale : 1) mieux comprendre le développement du cerveau; 2) l’addiction; 3) la cognition et le vieillissement; 4) la solution mathématique et l’IA aux neurosciences et santé mentale, les conférenciers tentent d’apporter des pistes de réflexion sur une meilleure compréhension du cerveau, particulièrement sur le développement du cerveau au fil des âges, tout au long du cycle de vie de l’individu. Ils soulignent les facteurs génétiques, culturels, sociaux et environnementaux qui interagissent et accélèrent les changements du cerveau au cours de la vie.
Titre du colloque :
Thème du colloque :