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Savoirs traditionnels et conservation de la biodiversité au Gabon : entre marginalisation, reconnaissance et valorisation

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Benoît Baltus : Université de Guyane

Résumé de la communication

La conservation de la nature n’est pas un concept nouveau. Bien entendu, il varie selon les représentations, les savoirs et les pratiques culturelles des acteurs. Au Gabon, et plus précisément dans les parcs nationaux, les populations locales ont su développer de longue date les connaissances endogènes relatives à la conservation de la biodiversité. Longtemps dévalorisés, ces savoirs locaux ont connu un regain depuis la convention de Rio (1992). Désormais, et face aux limites des savoirs scientifiques, les savoirs locaux acquièrent une place essentielle dans les projets de conservation de la biodiversité.

Dans cette étude, nous proposons d’examiner la place des savoirs locaux à l’exemple du projet de conservation de la biodiversité en forêt tropicale à travers la coexistence durable entre l’humain et l’animal (PROCOBHA) dans le parc de Moukalaba-Doudou, et d’analyser dans quelle mesure les pratiques culturelles autant que les savoirs scientifiques participent durablement à la conservation de la biodiversité. Par la démarche méthodologique : recherche documentaire et enquêtes ethnographiques, nous montrerons que les connaissances des populations locales sur leur milieu naturel passent par des médias marginaux comme les contes, les légendes et les croyances (totems, forêts rituelles). Ceux-ci les sensibilisent au quotidien et leur permettent de pérenniser la biodiversité : une attitude qui dénote leur participation à cette conservation durable et qui prend des formes méconnues.

Résumé du colloque

Ce colloque s’inscrit dans une perspective critique, décoloniale et pluriverselle, et vise à réfléchir aux savoirs, pratiques et expertises des communautés engagées dans les programmes de développement international. Il s’agit également de mettre de l’avant des perspectives plurielles (sociologique, anthropologique, politique, culturelle, géographique, économique, philosophique) pour permettre une meilleure compréhension des enjeux et des défis liés à la prise en compte des savoirs traditionnels dans les projets de développement international.

Pour répondre aux enjeux environnementaux et climatiques actuels, les organismes nationaux, internationaux et non gouvernementaux (ONG) tentent de mettre en place (ou de renforcer) des modes de gestion et de gouvernance environnementale « plus durables », en lien avec les agendas internationaux. Toutefois, les communautés engagées dans ces programmes disposent déjà de savoirs en lien avec leurs territoires, avec les ressources qui s’y trouvent, ainsi qu’avec les façons d’entrer en relation avec ceux-ci. Aussi ce constat ne peut-il manquer d’aboutir à une réflexion critique sur les relations entre, d’une part, les programmes des bailleurs de fonds et de leurs organismes partenaires et, d’autre part, les connaissances et les expertises des communautés sur leurs propres réalités territoriales.

Sur le plan politique, de nombreuses conventions reconnaissent que les communautés autochtones et locales dépendent très étroitement de leur environnement naturel et des ressources matérielles et immatérielles qui en sont issues. Elles reconnaissent aussi que plusieurs territoires sont protégés, conservés et gérés durablement grâce aux savoir-faire que les communautés locales ont su développer. En 1993, la Convention sur la diversité biologique (CDB) a considéré les savoirs traditionnels comme un patrimoine commun de l’humanité et a proposé, avec le protocole de Nagoya qui s’en est suivi, un partage équitable des avantages découlant de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique. Dans cette optique, les savoirs traditionnels feraient référence aux « connaissances, pratiques et philosophies développées par des sociétés ayant une longue histoire d’interaction avec leur environnement naturel » (UNESCO, Savoirs locaux, objectifs globaux, 2017, p. 1).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Harry Ozier-Lafontaine
section icon Date : 10 mai 2023

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