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Régine Dondon-Zou : Université des Antilles
Le jardin créole aux Antilles françaises est un héritage culturel vivant, investi tant par les professeur.e.s du premier degré que par les professeur.e.s du second degré dans différentes disciplines. Lieu et vecteur d’apprentissages, tant de la part des acteurs de la société civile que des institutions, il permet aussi la satisfaction de besoins économiques, culturels et sociaux. Le caractère patrimonial de cet agrosystème en fait un dépositaire des savoirs locaux. Nombre de ces savoirs sont scientifiquement valorisés : reconnus comme pratiques agro-écologiques et comme ressources pour la prévention en matière de santé. Une impulsion concerne le jardin créole comme patrimoine, ce qui rend nécessaire l’objectivation des enjeux, des motivations et des pratiques à l’œuvre, ainsi que l’appropriation de cet objet d’enseignement dans ses dimensions physique et épistémique. L’introduction des savoirs locaux sur le jardin créole dans les savoirs enseignés et les projets déployés par des professeur.e.s est ici étudiée. L’analyse des retours d’expérience permettra de définir les objectifs poursuivis, notamment l’explicitation du caractère ancestral de certains de ces savoirs. Ce travail donne une place notable aux éducations transversales comme l’éducation au développement durable, à la citoyenneté et à la santé.
Ce colloque s’inscrit dans une perspective critique, décoloniale et pluriverselle, et vise à réfléchir aux savoirs, pratiques et expertises des communautés engagées dans les programmes de développement international. Il s’agit également de mettre de l’avant des perspectives plurielles (sociologique, anthropologique, politique, culturelle, géographique, économique, philosophique) pour permettre une meilleure compréhension des enjeux et des défis liés à la prise en compte des savoirs traditionnels dans les projets de développement international.
Pour répondre aux enjeux environnementaux et climatiques actuels, les organismes nationaux, internationaux et non gouvernementaux (ONG) tentent de mettre en place (ou de renforcer) des modes de gestion et de gouvernance environnementale « plus durables », en lien avec les agendas internationaux. Toutefois, les communautés engagées dans ces programmes disposent déjà de savoirs en lien avec leurs territoires, avec les ressources qui s’y trouvent, ainsi qu’avec les façons d’entrer en relation avec ceux-ci. Aussi ce constat ne peut-il manquer d’aboutir à une réflexion critique sur les relations entre, d’une part, les programmes des bailleurs de fonds et de leurs organismes partenaires et, d’autre part, les connaissances et les expertises des communautés sur leurs propres réalités territoriales.
Sur le plan politique, de nombreuses conventions reconnaissent que les communautés autochtones et locales dépendent très étroitement de leur environnement naturel et des ressources matérielles et immatérielles qui en sont issues. Elles reconnaissent aussi que plusieurs territoires sont protégés, conservés et gérés durablement grâce aux savoir-faire que les communautés locales ont su développer. En 1993, la Convention sur la diversité biologique (CDB) a considéré les savoirs traditionnels comme un patrimoine commun de l’humanité et a proposé, avec le protocole de Nagoya qui s’en est suivi, un partage équitable des avantages découlant de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique. Dans cette optique, les savoirs traditionnels feraient référence aux « connaissances, pratiques et philosophies développées par des sociétés ayant une longue histoire d’interaction avec leur environnement naturel » (UNESCO, Savoirs locaux, objectifs globaux, 2017, p. 1).
Titre du colloque :