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Emmanuelle Parent : Université de Montréal
Cette communication explique comment les ados participent activement à la médiatisation de pratiques sociales dans l’écosystème des plateformes, particulièrement en conversant, publiant et scrollant sur les réseaux sociaux. La présence en ligne des jeunes inquiète puisque plusieurs recherches corrèlent l’exposition aux écrans à certains impacts négatifs sur le bien-être. Ces préoccupations mènent à des recommandations qui visent l’autorégulation de l’utilisation du numérique chez les ados. Bien qu’intéressante, cette approche éclipse les dynamiques collectives mises en lumière par les recherches en sciences sociales où les réseaux sociaux jouent un rôle important dans le maintien de relations sociales et l’expression personnelle. Mobilisant une méthodologie qualitative, cette démarche met de l’avant la voix des ados, trop peu considérée dans la littérature, à travers une analyse thématique d’entrevues et de groupes de discussion avec quarante jeunes de 14 à 17 ans. Les résultats documentent les façons nuancées dont elles et ils composent avec leurs relations sociales et la panoplie de fonctionnalités, tout en participant à la datafication du quotidien. En mobilisant les normes sociales et les affordances, on apprend que selon la sociabilité d’une pratique, les ados se disent plus ou moins affecté.e.s par les fonctionnalités du réseau social.
À l’heure actuelle, la présence des adolescents, des enfants, et voire même des tout-petits dans l’« environnement numérique » (contextes physiques d’usage du numérique, réseaux sociaux numériques, logiciels de visioconférence, jeux vidéo, plateformes de visionnement, etc.) pose des enjeux pour les familles, le monde de l’éducation et la sphère politique.
Au Québec, 85 % des parents disent avoir des règles d’encadrement du numérique à la maison et 28 % considèrent « très probable » que leur enfant soit victime de cyberintimidation dans sa vie (Académie de la transformation numérique, 2021).
Dans le monde scolaire, la sollicitation d’organismes comme le Centre pour l’intelligence émotionnelle en ligne, lesquels offrent des activités de sensibilisation et d’information sur le « bien-être numérique », témoigne de la préoccupation des personnes enseignantes pour cette question.
À l’échelon gouvernemental, la présence de la dimension « Agir en citoyen éthique à l’ère du numérique » dans le Cadre de référence de la compétence numérique, l’adoption de la Stratégie québécoise sur l’utilisation des écrans et la santé des jeunes 2022-2025 ainsi que l’intégration d’éléments de littératie numérique dans la version provisoire du programme d’études Culture et citoyenneté québécoise attestent d’une certaine préoccupation des décideurs politiques au regard de l’influence du numérique sur le bien-être et le développement des tout-petits, des enfants et des adolescents.
Cela dit, nous disposons de peu de connaissances nous permettant de bien saisir la diversité des initiatives et des actions visant à minimiser les risques et à maximiser les occasions du numérique pour les jeunes, de même que leurs fondements et leurs effets. Ce colloque propose de poser les questions suivantes :
Notons que ces questions sont proposées à titre indicatif. Toute proposition de communication traitant d’un enjeu lié au numérique dans la vie des tout-petits, des enfants ou adolescents sera considérée par les personnes organisatrices.
Conférencier invité confirmé : Normand Landry, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation aux médias et droits humain (Université TELUQ)
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