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« Toutes choses n’étant pas égales par ailleurs… Ce que l’approche intersectionnelle a à apporter à la thèse de la « dissolution » des inégalités ethnoraciales dans les inégalités

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Marie Verhoeven : Université catholique de Louvain

Résumé de la communication

En revisitant les travaux disponibles en Belgique francophone concernant les inégalités scolaires, cette communication s’attèle à déconstruire une thèse répandue au sein de cette communauté scientifique: le poids de l’origine migratoire tendrait à devenir non significatif une fois contrôlés les facteurs liés à l’origine sociale. Or, de nombreuses données mettent en lumière le rôle propre de l’origine ethno-raciale dans la production des inégalités scolaires (Van Praage et al 2017; Danhier et al 2014) : les inégalités expérimentées par les jeunes des groupes ethnoraciaux minorisés ne sont pas réductibles au cumul des désavantages socioéconomiques et linguistiques (OCDE 2007). Cette analyse est renforcée lorsqu’on descend à des échelles d’observation méso (bassins, formes) ou micro (options) où se donnent clairement à voir des inégalités intersectionnelles articulant position sociale, ethnoraciale, religion et genre (Delvaux et Serhadlioglu 2014; Verhoeven et al 2007). Cette communication entend questionner les impensés et présupposés épistémologiques des approches quantitatives souvent mobilisées dans ce débat et qui reposent sur une vision segmentée ou cumulative des facteurs d’inégalités, dont il conviendrait de démêler les effets propres. Nous défendrons la pertinence d’une approche intersectionnelle non pas moniste ou additive, mais holiste (Bilge 2010; Buscatto 2016) et «réencastrée» dans les fonctionnements à l’œuvre à différents échelons du système (Verhoeven 2011).

Résumé du colloque

Dans le cadre du congrès de l’Acfas, la revue Genre Éducation Formation et le GT13 « Éducation et diversité » de l’AISLF, associé au RIED (Réseau international éducation et diversité), organisent un colloque transatlantique, qui propose de traiter la question du genre en éducation.

« On ne naît pas femme, on le devient » : l’importance de la question du genre en éducation est au cœur de la citation féministe la plus célèbre du monde francophone. À partir du moment où il est affirmé qu’aucune nature, qu’aucune biologie, qu’aucun destin préécrit ne permet d’expliquer (et de justifier) le monde social, à l’instant où on admet que « l’intervention d’autrui dans la vie de l’enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée » (de Beauvoir, 1949, p. 286), alors la question du genre en éducation et en formation devient centrale pour comprendre l’organisation sexuée de la société.

Comme l’ont souligné les auteures féministes des années 1970-1980, la sociologie française de l’éducation des années 1960-1970 s’est essentiellement préoccupée des inégalités de classes, reportant la « variable sexe » à un niveau secondaire. Après le texte pionnier de Liliane Kandel (1975), qui pointait le fait que le système éducatif français – malgré les principes d’égalité qui l’animent – discrimine les filles et les femmes, des ouvrages fondateurs de ce champ paraissent dans les années 1990. Nicole Mosconi (1989) interroge les effets de la mixité scolaire et crée peu à peu le concept de « rapport sociosexué au savoir » : si tous les individus ont le droit d’acquérir tous les types de savoirs, dans les faits, certains savoirs sont considérés comme tabous ou infamants, naturels ou transgressifs selon sa classe sociale et sa catégorie de sexe. De son côté, Marie Duru-Bellat (1990) rend compte de la façon dont l’école prépare les filles et les garçons à des rôles sociaux distincts. In fine, que l’on parle de didactique ou de pédagogie, qu’on l’aborde de manière transversale ou disciplinaire, qu’il s’agisse d’éducation des enfants ou de formation des adultes, que l’on se situe dans des institutions de formation ou dans des contextes non formels, il s’agit toujours de venir à bout de la hiérarchie inhérente au genre, soit en formant les individus de manière égalitaire, soit en débarrassant l’éducation des inégalités qui la traversent.

Nous vous proposons quatre thématiques :

  1. Genre et didactiques;
  2. Intersectionnalité en éducation;
  3. Conversation critique entre l’école et l’éducation à la citoyenneté numérique autour des principes de justice sociale, d’égalité de genre et d’émancipation;
  4. Mise en œuvre des politiques éducatives en faveur de l’égalité des sexes et des sexualités.

Ce colloque est ouvert aux chercheur·ses de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales en lien avec l’éducation. Dans le but d’avoir un dialogue transatlantique, nous nous efforçons d’équilibrer les pays communicants. La jeune recherche est bienvenue.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Françoise Lorcerie Fabrice Dhume
section icon Date : 10 mai 2023

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