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Un changement de paradigme de l’enseignement universitaire gagnant pour tous

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Amélie-Hélène Rheault : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Les actes du précédent colloque sur la précarité des personnes chargées de cours concluent par la nécessité d’un changement de paradigme (Lewis et al., 2022), le paradigme actuel nous reléguant au rôle de pis-aller comblant à faible cout la tâche professorale. Deux freins principaux à ce changement ont été mis en lumière (Lewis et Boucher, 2022: 128-129), soit l’aspect financier et, non le moindre, l’aspect symbolique: notre profession est pratiquement invisible aux yeux de la société, l’université reconnait peu le problème que constitue notre précarité, et des changements en ce sens sont perçus comme une menace de la part du corps professoral.

Mais comment changer notre statut, alors que la précarité est au cœur de notre identité et que nos efforts pour faire évoluer ce statut s’articulent principalement à l’intérieur de négociations de conventions collectives elles-mêmes au sein du paradigme qui nous enferme (Lewis et al., 2022: 134)?

Dans l’esprit d’alimenter la réflexion, je propose ici un modèle respectant la pluralité des situations tant pour les personnes chargées de cours que pour le corps professoral, où plusieurs catégories d’enseignants se côtoient, où la division ne se fait plus selon la précarité mais selon les tâches et compétences, où le corps professoral lui-même profite d’une plus grande flexibilité dans la répartition de son travail (plus ou moins de recherche, plus ou moins d’enseignement), où le temps partiel est permis sans aller de pair avec la précarité.

Résumé du colloque

En 1994, dans le cadre d’un colloque intitulé La précarité dans l’enseignement, organisé par la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), le sociologue Claude Lessard, doyen de la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Montréal, proposait de « civiliser la précarité ». Qu’en est-il trois décennies plus tard ? Au niveau universitaire, selon les participants au colloque du congrès de l’Acfas 2021, intitulé Les enseignantes et enseignants contractuels au sein des universités du 21e siècle, la précarité aurait plutôt été systématisée que civilisée tel que l’entendait Claude Lessard. C’est l’évolution et l’intégration de cette précarité, non seulement à l’université mais dans tous les milieux de l’éducation, que nous proposons ici d’explorer.

La réalité des précaires a des répercussions autant sur les modalités de l’enseignement, le sentiment d’appartenance au milieu de travail que sur la qualité de vie de ces enseignantes et enseignants précaires. On peut conséquemment se demander quels sont les effets de la précarité sur les milieux d’enseignement et la société. Comment l’évolution des institutions met en relief et définit la précarité ? Comment les précaires se perçoivent, agissent et construisent leurs solidarités ? Comment l’arrivée des technologies dans l’enseignement modifie (ou non) cette précarité et ses répercussions ?

Ce colloque cherche à mieux comprendre les enjeux de précarité dans les milieux de l’enseignement; il vise à créer un espace d’échange entre les acteurs des différents milieux ainsi qu’à examiner les conditions et manières de l’agir. Il réunira délibérément des témoins et représentantes, représentants, ainsi que des spécialistes des diverses disciplines pertinentes. Ce colloque cherche à construire des savoirs et pratiques permettant de transformer le secteur de l’éducation dans l’intérêt commun, celui de ses travailleuses, travailleurs, élèves, étudiantes et étudiants, ainsi que des communautés qui les entourent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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