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Une exploration des déficiences du capital social pour soutenir la capacité des communautés à protéger les habitats naturels en terres privées.

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Louis Tanguay : Université Laval

Résumé de la communication

La conservation en terres privées nécessite la mobilisation de bon nombre d’acteurs, et notamment des propriétaires qui sont eux-mêmes les premiers concernés par la préservation des habitats fauniques que leurs terres abritent. Dans la littérature, plusieurs auteurs ont concentré leurs recherches sur de nouveaux modèles de gouvernance favorisant une prise de décision ascendante par l’entremise d’actions collectives pour favoriser la conservation en terres privées. Cela dit, à l’échelle provinciale, la conservation nécessite une orchestration plus englobante pour atteindre les objectifs établis dans le cadre de la COP15. Le capital social, qui représente les relations que les acteurs ou regroupements d’acteurs entretiennent pour l’atteinte d’un bénéfice commun – soit, en l’occurrence, la conservation de la biodiversité – peut soutenir la constitution d’une capacité collective à atteindre ce bénéfice recherché. Cette présentation explorera les narratifs entourant le capital social selon le point de vue d’un amalgame d’acteurs de la conservation de la biodiversité, rencontrés en ateliers. Des contrastes seront soulignés entre les contextes réel, perçu et souhaité, et l’importance de valoriser un capital social adéquat pour faire face aux défis de la conservation et développer la capacité à protéger la biodiversité sera mise en lumière.

Résumé du colloque

Avant la Convention sur la diversité biologique tenue en 1992 à Rio, les efforts de conservation déployés à l’international pour préserver les écosystèmes étaient principalement axés sur une approche de conservation stricte réalisée en terres publiques sur de larges superficies. La Convention a permis de souligner les limites d’une telle approche, notamment les difficultés à préserver la biodiversité en terres privées ainsi que les enjeux sociaux en résultant. Les pays engagés dans la Convention ont depuis revisité leurs objectifs et ajusté leurs actions continuellement, menant à la 15e Conférence des Parties (COP15) tenue en deux phases en 2022, à Kumming (Chine) et à Montréal (Canada).

Malgré l’engagement d’un grand nombre de pays, dont le Canada, en faveur de la Convention, la mise en place de mesures de conservation demeure difficile à l’échelle régionale pour diverses raisons. D’une part, les rapports entretenus avec la biodiversité par les divers acteurs concernés varient en fonction du contexte socioéconomique, biophysique et culturel. D’autre part, les connaissances, les perceptions, les intérêts personnels et collectifs influent, à leur façon, sur l’acceptabilité sociale et les succès des mesures de conservation. Cela entraîne des représentations sociales de la biodiversité très variées et parfois divergentes, et, par conséquent, un certain désengagement politique et civil à l’égard de celle-ci. Dans ce contexte, nous posons la question : comment redéfinir nos rapports à la biodiversité et la considérer dans les efforts d’aménagement du territoire ?

Nous proposons d’explorer cette question par la tenue d’un colloque qui permettra d’explorer le thème de la conservation de la biodiversité grâce à des connaissances théoriques et empiriques. De plus, il permettra de réunir des expertises complémentaires afin de présenter différentes perspectives sur les efforts de conservation de la biodiversité à différentes échelles territoriales. Grâce à une formule combinant des présentations de conférenciers, entrecoupées d’une activité de discussion en atelier, nous encouragerons les participants à approfondir leurs réflexions quant aux rapports qu’entretient la société avec la biodiversité. Ces discussions permettront de souligner le caractère intersectoriel de la conservation qui, en terres privées, passe forcément par un aménagement durable du territoire, tout en mettant en lumière comment la perception de la biodiversité influence nos façons d’appréhender la conservation. Avec un regard rivé sur la COP15, nous aborderons les notions de droit, de justice environnementale, de conservation de la nature, d’acceptabilité sociale et d’aménagement du territoire pour la protection de la biodiversité et l’atteinte des objectifs de développement durable des Nations Unies. Nous valoriserons ainsi la vulgarisation, l’intégration et le transfert de connaissances, notamment en encourageant l’ouverture au dialogue.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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