Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Alfonso Mucci : Université McGill
L'estuaire et le golfe du Saint-Laurent sont des composantes du plus grand système estuarien sur Terre. Quoique le sujet de nombreuses études, aucune mesure des pressions partielles en CO2 (pCO2) dans leurs eaux de surface a été publiée avant 2017 et ces dernières provenaient exclusivement de la période estivale. Elles révèlent que le fleuve livre des eaux fortement enrichies en CO2 à l’estuaire supérieur, que la pCO2 décroît en aval et atteint un minimum dans l’estuaire maritime où le CO2 est activement pris en charge pour la photosynthèse. Alors que la concentration des nutriments et la productivité primaire diminuent progressivement et le temps de résidence de l’eau augmente dans le golfe, les pCO2 approchent la concentration atmosphérique. Durant la période estivale, les pCO2 en surface sont donc fortement modulées par l’hétérotrophie à la source (le fleuve) et par la productivité primaire dans l’estuaire. En février 2019, suite à une mission hivernale sur le NGCC Amundsen, une première série de mesures a enfin été effectuée. En hiver, les pCO2 en surface à la tête de l’estuaire sont beaucoup moins élevées que durant la période estivale et sont près des valeurs atmosphériques dans tout l’estuaire et le golfe. Étant donné les faibles gradients à l’interface air-mer et la présence de glace en hiver, les flux de CO2 à travers l’interface air-mer dans l’estuaire et le golfe sont négligeables comparés aux flux en été.
Partout dans le monde, les écosystèmes aquatiques continentaux (rivières, lacs, fleuves) s’enrichissent en matière organique et en nutriments en réponse à des changements sur le plan du climat, de l’utilisation du territoire ou de la gestion de l’eau. À l’autre bout du continuum terrestre-aquatique, d’importantes superficies d’eaux faiblement oxygénées (hypoxiques) et acidifiées sont détectées dans les fonds estuariens. Dans tous ces écosystèmes, ces tendances sont associées à un ou à plusieurs des symptômes : proliférations d’algues toxiques ou nuisibles, réduction des rendements de pêche et dégradation générale de la santé des écosystèmes aquatiques et des services (par exemple irrigation, potabilité, loisirs) qu’ils procurent. Les bassins versants et les eaux du Saint-Laurent ne font pas exception. Dans le Saint-Laurent comme ailleurs, ces enjeux sont liés, mais demeurent mal compris, car ils sont souvent étudiés en vase clos et se concentrent sur des compartiments particuliers d’un écosystème immense drainant un territoire de plus d’un million de kilomètres carrés. Il est donc urgent de mieux comprendre les sources de nutriments et de matières organiques, leur rétention et leur transformation ainsi que leurs impacts sur les processus biologiques, chimiques et physiques dans les différentes portions du fleuve, y compris son bassin versant, d’une façon intégrée.
Titre du colloque :
Thème du colloque :