Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Donatille Mujawamariya : Université d'Ottawa
Notre proposition de communication vise à partager et discuter des résultats d’une étude pancanadienne Le génie des femmes au service des femmes. Malgré les efforts consentis au cours des dernières années, filles et femmes restent encore sous représentées en génie, aux études comme en milieu de travail (Condition féminine Canada, 2012; Ingénieurs Canada, 2017). L’étude, d’inspiration féministe (Cronin et Rogers, 1999), a été menée auprès des étudiantEs tous cycles confondus, leurs professeurEs, des administrateurs/trices ainsi que des professionnelLEs de terrain en génie, pour un total de 1474 participantEs. Pour ce faire, nous avons eu recours à une approche méthodologique mixte (entrevues semi-dirigées et questionnaire) (Legendre, 1988; Creswell, 2014). La présente communication se limitera exclusivement aux propos de 439 étudiantEs de premier cycle de cinq grandes universités canadiennes qui offrent des programmes de génie. Qu’est-ce le génie, quelles contributions filles et femmes apportent-elles au génie et à la société, à quels obstacles font-elles face lorsqu’elles se dirigent en génie, quelles suggestions pour les inciter et les encourager à faire du génie? Ce sont là quelques-unes des questions sur lesquelles ces étudiantEs avaient à se prononcer. Ces étudiantEs appellent à l’urgence d’une relation symbiotique entre les sciences sociales et le génie surtout quand le génie intègre des contributions uniques qu’apportent les femmes au génie et à la société.
Ce colloque souhaite interroger l’écosystème académique comme lieu masculin et potentiellement discriminant pour celleux aux identités féminines ou prenant des rôles et responsabilités dites féminines. Les multiples enjeux auxquels font face les femmes lorsqu’elles entament une carrière universitaire est le reflet de ce penchant masculiniste du milieu. Alors qu’au Québec les femmes forment la majorité des étudiant·e·s universitaires (Conseil du statut de la femme, 2018, p. 17), leur présence au sein du corps professoral est moindre (40,2 % des professeur·e·s sont des femmes, Radio-Canada, 2017). Celles qui parviennent à faire carrière dans le milieu universitaire ont généralement de moins bons salaires que leurs collègues masculins (Statistiques Canada, dans Penner et Smith Carrier, 2022) et cette disparité est encore plus grande en fonction de leur séniorité. Cela peut sembler paradoxal si on considère qu’elles s’occupent davantage de tâches « de soin » importantes, mais peu reconnues pour le maintien de la vie universitaire : mentorat, travail administratif, travail de soutien émotif (Gaudet, 2022). Ce travail invisible de soin s’ajoute à celui de la maternité et constitue alors un enjeu transversal majeur à considérer, autant au sein de l’institution universitaire qu’en dehors (Baker, 2012; Bourgeault, Gaudet et Bujaki, 2021). La récente pandémie a d’ailleurs mis en lumière de manière frappante les enjeux vécus par les mères et universitaires (Larochelle, 2020). On sait par exemple qu’elles ont moins publié et que les revues ont publié davantage de textes écrits par les hommes, également en sciences de la nature (Gewin, 2020). Les enjeux sont encore plus critiques lorsqu’une personne se situe à l’intersection de plusieurs caractéristiques discriminatoires (Anderson, 2020). À la lumière de cette mise en contexte, il nous paraît essentiel de créer un espace de discussion concernant les enjeux féminins dans le milieu universitaire.
Titre du colloque :
Thème du colloque :