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Gwénaëlle Chaillou : UQAR - Université du Québec à Rimouski
La salinisation des aquifères côtiers est la plus importante forme de contamination des eaux potables. Les intrusions salines constituent des situations irrémédiables pour les propriétaires de puits qui peuvent être privés, de manière temporaire ou permanente, de leur ressource en eau potable et qui doivent trouver des approvisionnements alternatifs. Le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, où plus de 50 % de la population utilise la ressource souterraine pour s’approvisionner en eau douce, sont deux régions vulnérables à la hausse du niveau marin et à la submersion côtière associée aux tempêtes.
Dans cette optique, l’initiative O’Salis a permis l’échantillonnage et l’analyse d’eau d’une centaine de puits privés afin d’y évaluer les risques de salinisation. Cette analyse de la qualité de l’eau en milieu côtier a été couplée à la modélisation, dans des zones ciblées, des niveaux d’eau total qui prend en compte non seulement la hausse des niveaux marins mais également les récurrences de tempêtes et les hauteurs de vagues, anticipant ainsi les surfaces qui seront exposées à la submersion côtière pour l’horizon 2055 et 2100. La collaboration des citoyen.ne.s et l’implication dans le projet des acteurs locaux et régionaux des secteurs publics et privés ont permis de contribuer à une meilleure compréhension de la vulnérabilité, de l’adaptation et de la résilience des communautés côtières en entamant des discussions autour des moyens d’adaptation possibles dans leurs communautés.
Réévaluer les risques ?
Les incendies de forêts et les vagues de chaleur constituent une nouvelle menace pour les sociétés humaines. Si le Québec a été quelque peu épargné dans les dernières années, les épisodes de canicules en Colombie-Britannique en 2021 et en Europe de l’Ouest en 2022 doivent sérieusement être considérées dans une réévaluation des risques au Québec et la mise en place de mesures d’intervention nouvelles dans un avenir proche. Ces mesures doivent renforcer des politiques de prévention, pas suffisamment ambitieuses au regard des nombreux scénarios de réchauffement annoncés par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), et par diverses études scientifiques. Les vagues de chaleur extrême sont responsables d’une morbidité accrue et de décès chez les populations les plus vulnérables. Les canicules s’accompagnent de sécheresses qui déclenchent, à leur tour, des incendies de forêts. Par ailleurs, il ne faudra pas lever la surveillance sur les autres risques considérés comme récurrents. La cartographie des zones inondables est à parfaire et les modèles de prévision sur les périodes de retour des crues extrêmes à améliorer.
La gestion des risques est une opération continue que ce soit en prévision, en préparation ou en intervention. Par ailleurs, la nouvelle réalité impose des mesures d’adaptation constantes.
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