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Maryse Paquin : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Du latin, le terme commemoratio signifie l’action de rappeler, de mentionner, d’évoquer. La commémoration peut également être relative à une cérémonie, religieuse ou non, organisée en souvenir d’une personne, d'un lieu ou d’un événement. Elle vise la réactualisation d’évènements fondateurs et le rappel de valeurs communes par la réaffirmation de la cohésion d’un groupe, d'une communauté, voire d'une nation. La commémoration renvoient ainsi soit à la mémoire, soit à l’identité des acteurs qui en portent les discours. Ceux-ci sont non seulement chargés de valeurs et de normes de comportement, mais sont également créateurs de frontières, temporel, spatial et, par conséquent, identitaire. La commémoration peut prendre plusieurs formes, dont les célébrations, les cérémonies et les fêtes populaires. Elle est soit périodique et récurrente ou occasionnelle et ponctuelle, mais se déroule habituellement dans un endroit précis. Parfois confondue avec le patrimoine culturel ou mémoriel, elle est un moyen de reconstituer le passé en vue de le rendre vivant. Bref, la commémoration est un phénomène complexe, porteur de l’affirmation d’une identité qui se cherche ou qui se construit en s’affirmant. Les fonctions mémorielles et identitaires de la commémoration permettent de s’interroger sur ses tendances de la patrimonialisation et invite à s’interroger sur le rapport qu’une société entretient avec les gestes qu’elle pose pour l’actualiser, l’immortaliser à travers diverses mises en scène.
En ce centième anniversaire de l’Acfas, un projet de colloque conjoint est organisé par l’Institut du patrimoine de l’UQAM, en collaboration avec le Réseau Patrimoines de l’Université du Québec (RéPUQ), sur le thème de la commémoration au cœur des patrimoines québécois. Cent ans de patrimoine culturel et naturel, mais également cent ans de recherches liées aux différents patrimoines matériels et immatériels qui alimentent et inspirent la communauté scientifique des chercheur·se·s d’ici, issus de divers domaines, tels que l’histoire, l’art, l’histoire de l’art, la muséologie, la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature, l’architecture, l’éducation, l’archéologie, la géographie, l’environnement, l’océanographie, les sciences et les technologies, la gestion, le loisir, la culture, le tourisme, etc. De près ou de loin, les patrimoines sont imprégnés dans notre manière d’être et d’agir dans le quotidien, de même que dans nos rituels, valeurs, langues et sentiments d’appartenance au territoire qui témoignent de ce que nous sommes, soit de notre identité tant individuelle que collective, comme porteurs de traditions et d’héritages. Dans ce contexte, l’idée de commémoration s’impose, en souvenir de nos ancêtres, du chemin qu’ils ont parcouru, mais aussi de ce qui jonche nos découvertes et notre avancement comme société dans un monde sans cesse en mutation. Bref, ce colloque conjoint vise à tailler une brèche sur l’incidence du phénomène de la commémoration en lien avec les patrimoines dans le continuum scientifique du Québec; un lien pourtant évident, mais peu mis en lumière, le tenant jusqu’à maintenant pour acquis, en le considérant comme faisant partie de facto du « paysage culturel québécois ».
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