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Marie-Hélène Marquis : Université de Moncton
La période optimale d’apprentissage d’une langue se situerait entre la grossesse et l'âge de 6 ans. Cet apprentissage serait le fruit des interactions entre les enfants et leurs proches, notamment leurs parents, la fratrie, les éducateurs et le voisinage. En contexte canadien multilingue anglodominant, comment s’y prendraient des parents de familles multilingues pour atteindre leurs objectifs langagiers pour leurs enfants ? L’approche sociolinguistique en politique langagière familiale et la recherche en éducation à la petite enfance en contexte minoritaire servent de cadre théorique à cette communication, présentant des résultats d’une étude prospective de type mixte à devis séquentiel explicatif. Après avoir complété un questionnaire sociolinguistique s’adressant à la population du Sud-Est du Nouveau-Brunswick en transition vers la parentalité (n=126), sept couples de compositions linguistiques variées ont consenti à être interrogés virtuellement sur leur vécu, leurs pratiques langagières familiales et les valeurs qui les sous-tendent. Les propos des répondants ont été mis en relation avec divers facteurs écosystémiques susceptibles de structurer leurs choix langagiers familiaux. Bien que des efforts communs soient mis vers un objectif de bilinguisme dynamique, les enfants de ces familles multilingues seraient ultimement les agents principaux de l’usage qu’ils feront des langues de leur répertoire.
Le bilinguisme est un atout important dans plusieurs milieux contemporains. Un grand nombre de travaux sur l’acquisition des langues secondes ont eu pour but de déterminer quelles variables pourraient favoriser le développement des compétences linguistiques des apprenants. Ces travaux ont permis de démontrer l’importance de facteurs tels que l’âge de l’apprenant ou le contexte d’apprentissage. De plus, au cours des dernières années nous avons assisté au développement rapide d’un nouvel axe de recherche sur le bilinguisme portant sur l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues secondes ou étrangères. Des chercheurs provenant de plusieurs disciplines, notamment la psychologie, la sociologie et la science politique, s’intéressent à des questions comme : est-ce que le quartier dans lequel une personne habite a une incidence sur ses compétences langagières et sa facilité à apprendre une nouvelle langue ? Comment est-ce que l’environnement influe sur les compétences langagières aux diverses étapes de la vie (petite enfance, enfance, âge adulte, personnes âgées) ? En plus de cet axe social, nous avons continué à témoigner d’une évolution rapide des connaissances en matière des éléments linguistiques, cognitifs et neurophysiologiques associés au bilinguisme et au multilinguisme. Ce colloque réunira des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche sur les incidences individuelles et socioculturelles du bilinguisme et favorisera la conception de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.
Titre du colloque :