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Ambre Fourrier : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les discours sur le développement durable, la croissance verte et ceux de l’économie circulaire ont participé largement à requalifier le déchet en fonction de son potentiel « exploitable » à partir des différents matériaux qui le compose. Cela s’illustre aujourd’hui par le fait que ce terme tend à disparaître du vocabulaire pour être remplacé par d’autres terminologies telles que « matière recyclable », « matière secondaire », « matière résiduelle », etc.
Partant de ce constat, nous soutiendrons que cette requalification de nos déchets en « matière » n’a rien de transformateur du point de vue symbolique et matériel. Nous affirmerons qu’elle nous maintiendrait plutôt dans une logique extractive propre au capitalisme. En effet, nos objets jetés deviennent alors des « fétiches » (Marx, 1867) recyclables invisibilisant ainsi le rapport social à l’œuvre qui permettra leur circularisation.
Cet argument nous permettra d’interroger les discours qui mettent l’accent sur une société sans déchet (Monsaintgeon, 2017). La poubelle doit-elle devenir un lieu totalement maîtrisable par l’industrie ou faut-il conserver un certain contrôle sur cet espace intime dans lequel nous déposons nos restes ? Comment concevoir une autonomie collective dans la gestion de nos déchets qui ne soit pas dominée par un impératif productiviste et techniciste ? A ces questions, il nous semble que le mouvement de la décroissance doit apporter des réponses singulières, que nous tenterons d’esquisser.
Cela fait maintenant 20 ans qu’a été lancé dans l’espace public l’appel explicite à une décroissance de l’économie dans nos sociétés. Dans un premier temps, c’est surtout la question de savoir pourquoi mettre un terme à la croissance économique qui a été explorée par les chercheur·e·s. Alors que cette idée ne cesse de gagner du terrain dans les débats sur la durabilité, il est nécessaire de se pencher davantage à présent sur la question du « Comment ? ». Ce colloque sera l’occasion d’avancer dans cette direction. Nous tenterons d’y répondre par la question suivante : « Que répondre, et de quelles manières, aux questions relatives à la mise en œuvre de la décroissance ? »
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