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Charles Duprez : UQAM - Université du Québec à Montréal
La capacité d’allier diminution des activités économiques et réduction des inégalités fait particulièrement l’objet de critique et demande un travail d’approfondissement sur la place de la justice sociale dans les propositions de post-croissance.
La notion de société de croissance, enrichie par le concept pikettien de Régime d’Inégalités peut permettre d’apporter un nouveau regard sur cet enjeu en montrant comment la croissance sert à justifier les inégalités sociales.
Penser les inégalités en termes de régime permet à la fois de révéler la structuration des inégalités, mais aussi leurs trajectoires et les idéologies qui les sous-tendent. Sortir de la croissance économique revient, de fait, à changer de régime d’inégalités.
En nous servant de ce cadre d’analyse, nous pouvons dessiner les contours d’un régime d’inégalité post-croissance et étudier les continuités et les ruptures avec les régimes inégalitaires actuels. Notre recherche montre que les propositions politiques en faveur de la post-croissance s’alignent globalement avec les principes rawlsiens de la justice distributive. Nous montrerons aussi que le système de valeur de la plupart des sociétés occidentales repose également sur les préceptes de Rawls.
Pour que la post-croissance soit perçue comme juste, ce diagnostic nous amène alors à conseiller aux théoriciens de la post-croissance de soutenir les propositions de « réformes révolutionnaires » compatibles avec la justice rawlsienne et d’en expliciter le choix.
Cela fait maintenant 20 ans qu’a été lancé dans l’espace public l’appel explicite à une décroissance de l’économie dans nos sociétés. Dans un premier temps, c’est surtout la question de savoir pourquoi mettre un terme à la croissance économique qui a été explorée par les chercheur·e·s. Alors que cette idée ne cesse de gagner du terrain dans les débats sur la durabilité, il est nécessaire de se pencher davantage à présent sur la question du « Comment ? ». Ce colloque sera l’occasion d’avancer dans cette direction. Nous tenterons d’y répondre par la question suivante : « Que répondre, et de quelles manières, aux questions relatives à la mise en œuvre de la décroissance ? »
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