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Samira Elatia : University of Alberta
Les descripteurs de performance linguistique sont des déclarations d'aptitudes et/ou de compétences attendues par un individu de communiquer et de s’exprimer dans une langue précise (ElAtia 2011) qu’elle soit première, deuxième ou autre. Ces descripteurs sont enracinés dans la realpolitik du contexte dans lequel ils sont utilisés comme ils sont élaborés et parrainés par les agences gouvernementales pour exercer un mandat social, culturel, politique et linguistique dans une région géopolitique bien précise. En outre, l’économie et la philosophie de l’éducation au sein de chaque contexte joue un rôle majeur dans le développement et les objectifs de ces descripteurs. Dans cette présentation, j’aborde la question complexe et épineuse de la validité et de l’équité qu’on choisit un ensemble de descripteurs de compétences. Je compare entre trois indicateurs de compétences, à savoir le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR), les Lignes directrices ACTFL (American Council on the Teaching of Foreign Languages), et les Niveaux de compétence linguistique canadiens (NCLC).
L’intégration langagière (francisation) des personnes immigrantes adultes pose de nombreux défis, tant pour l’apprentissages que l’évaluation des compétences. Certains relèvent des caractéristiques des apprenants (littératie et numératie en émergence (Fortier et al., 2021)), d’autres sont propres aux objets de savoirs au cœur de l’enseignement-apprentissage-évaluation (pratiques enseignantes, approches, variétés sociolinguistiques (Gass et Mackey, 2013; Long, 2015)), tandis que d’autres sont en lien avec le matériel pédagogique et les documents officiels encadrant l’offre de services (orientation des apprenants, matériel et pratiques évaluatives (Deygers et al., 2021)). Cette question est particulièrement pertinente au Québec, état provincial où la majorité francophone est elle-même minoritaire en Amérique du Nord et où l’intégration langagière des personnes immigrantes est un enjeu politique et sociolinguistique important. De plus, le Québec est l’un des rares états à s’être doté de documents officiels encadrant les pratiques liées à la sélection, l’accueil et l’intégration langagière des personnes immigrantes. Rappelons que seuls le Canada, le Québec et le Conseil de l’Europe ont créé des documents officiels pour ce faire.
L’importance de ces documents officiels et des interrelations entre ceux-ci et l’ensemble des pratiques en intégration langagière est au cœur de ce colloque, chacun des défis susmentionnés étant en lien direct avec ces documents officiels. Que ce soit le placement des personnes s’inscrivant aux cours de français, le curriculum officiel ou l’obtention de la citoyenneté canadienne, qui demande un niveau 4 à l’oral, le parcours d’intégration langagière des personnes immigrantes est en partie déterminé par le contenu de ces documents officiels. Ce colloque vise donc à documenter les relations entre les documents officiels et les divers aspects de l’enseignement-apprentissage-évaluation du français langue d’intégration.
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