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Dépasser la taxonomie, penser le flou et envisager l'interalogie

DN

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Déborah Nourrit : Université de Montpellier

Résumé de la communication

À partir d'une taxonomie des différentes formes de collaborations scientifiques pour une construction de la connaissance (de pluri- à trans- en passant par inter-, extra-, dé-, cross-, ante-... x-disciplinaires ; en tout 34 formes recensées par Nourrit et collab, sous presse), nous comprendrons dans un double mouvement dialogique (Morin, 2008) la nécessité de la classification et du dépassement de celle-ci. En effet, le faire science ensemble pour développer la connaissance présente les caractéristiques d'un objet complexe et ne peut s'envisager en disjonction (Morin, 1986). Ne peut-on pas nous aventurer plus loin, dans un tiers (trois) (Nicolescu, 1996) qui inclurait en même temps les différentes formes de collaboration et d'élaboration de la connaissance, par l’adoption d’un concept nous permettant à la fois d’intégrer ce qui fait lien et ce qui délie, et qui rend compte de la pluralité des conditions d’interactions, des différentes définitions, de différentes perspectives épistémologies et ontologies, des différentes modalités du faire, voir, construire ensemble, par une réinvention de ce que serait une science de l'inter-, entre, au travers, par-delà...? Pour ce faire nous convoquons l'interalogie, déjà proposée en philosophie par Shang (2015) et Zhang (2016). En effet l’interalogie, au travers du concept d’interalité, permet d’étudier la dialogique entre relation et séparation de tout objet d’étude.

Résumé du colloque

Ce colloque vise à réunir des chercheur·se·s, des enseignant·e·s et des membres de la société concernés par la transdisciplinarité. Il présente l’étude sur la transdisciplinarité comme moteur et cadre porteur d’une évolution des savoirs où l’objet étudié coexiste et s’affine en même temps que le sujet (l’être humain) qui l’étudie, où le développement de la conscience et de l’intelligence humaine demeure primordial dans le contexte du développement accru et parallèle de l’intelligence artificielle, à laquelle les disciplines ne peuvent pas échapper (AUF, 2022). Le terme « savoirs » allie les savoirs proprement dits (connaissances), les savoir-faire (compétence) et les savoir-être (valeurs).

Proposée comme terme par Piaget en 1970, définie ensuite dans les années 1990 comme approche assise sur une triple fondation : logique, épistémologique et ontologique (Nicolescu), valorisée depuis 2000, notamment comme pratique de recherche-action par la promotion du Mode 2 de production de savoir (Gibbons et al.) et par l’intégration du concept de science post-normale (Jahn), la transdisciplinarité réalise un pont entre l’université et la société (industrie, gouvernements, ONG) afin de traiter des problèmes concrets issus du monde réel et non seulement des disciplines universitaires. Ainsi, la transdisciplinarité est devenue une véritable posture qui vise l’éducation tout comme elle vise l’économie, la société, l’éthique, les arts, la poésie et l’expérience intérieure (Kesteman).

La transdisciplinarité, « concerne, comme le préfixe “trans” l’indique, ce qui est à la fois entre les disciplines, à travers les différentes disciplines et au-delà de toute discipline ». Sa finalité est la résolution des problèmes complexes depuis une position « d’unité [du sujet et de l’objet dans] la connaissance » (Nicolescu).

De quelle manière la transdisciplinarité contribue-t-elle concrètement au changement de paradigme actuel ? En faisant évoluer les savoirs, comment la transdisciplinarité favorise-t-elle une éducation profonde qui concerne l’être humain au complet (McGregor) et quel est l’incidence d’une telle éducation sur le marché du travail ?

Nous tenterons de répondre à ces questions par un échange d’expériences et d’expertises acquises en recherche, en enseignement, en apprentissage, en création de programmes/formations transdisciplinaires ou en gouvernance, expériences provenant du milieu universitaire, mais aussi de la société. Les sciences humaines et sociales seront convoquées en association avec les sciences exactes et les sciences médicales.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

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