pen icon Colloque
quote

Des formatrices en EAS en milieu scolaire : entre trajectoires et dispositions

AB

Membre a labase

Anne-Cécile Bégot : Université Paris-Et Créteil Val-de-Marne

Résumé de la communication

En France, l’éducation à la sexualité est l’objet d’une politique éducative spécifique qui a été engagée dans les années 1970 avec la circulaire Fontanet (1973). Longtemps reléguée au milieu associatif, aux infirmières et aux enseignants de Sciences et Vie de la Terre ou de Biotechnologies, elle est aujourd’hui l’objet d’une valorisation institutionnelle et d’un relatif engouement de la part des équipes éducatives.

Dans le cadre de cette communication, nous souhaitons interroger la trajectoire de formatrices en éducation à la sexualité. Plus précisément, nous chercherons à articuler les positions qu’elles ont occupé et qu’elles occupent au sein de l’espace scolaire et leur inscription dans cette politique, souvent décrite comme reléguée (application parcellaire, inégale selon les territoires, qui dépend des bonnes volontés individuelles). L’engagement dans cette politique sera mis en lumière à partir du passé incorporé de ces actrices mais aussi du contexte spécifique dans lequel il se produit (politique nationale et académique, projet d’établissement, actualité médiatique). Il s’agira aussi d’envisager ce qui circule dans les formations délivrées par ces personnes et de nous demander s’il est possible d’y retrouver des traces de leur socialisation et des dispositions incorporées. Cette recherche est en cours de réalisation et notre intervention vise surtout à poser des questionnements.

Résumé du colloque

Partout ou presque dans les recherches et les pratiques en éducation, l’idée de crise s’impose, plus encore depuis la pandémie de Covid-19. Cela comme si la spécificité de cette période pouvait occulter la lancinance et l’universalité d’autres crises. Des inégalités scolaires et sociales s'étaient creusées et aggravées avant celle-ci, mais elle a particulièrement obligé à un autre « grand bricolage » (De Saint-Martin & Gheorghiu, 2010); jusqu’à instituer la discontinuité pédagogique comme un nouveau paradigme. Il nous apparaît pourtant souhaitable et salutaire de dé-covidiser nos recherches et pratiques en éducation. Cela tant la crise pandémique subsumerait une crise (plus profonde) en éducation et dans la société, tant des pratiques éducatives s’enrégimenteraient dans ce paradigme, tant nombre de personnels et professionnel.le.s de l’intervention et de la recherche ne jureraient que par cette discontinuité, plutôt que de chercher à se déprendre à et à rompre avec cette nouvelle théorie de la rupture (dans un sillage foucaldien). Cela soulève plusieurs questions et des enjeux de recherche. Dans ce contexte de questionnement théorique et pratique, nous proposons d’étudier les effets dans les écoles et leur structure d'une certaine covidisation des recherches et des pratiques en éducation, en opérant un travail critique de déconstruction de représentations et catégories produites dans et par les sociétés et les écoles de la performance. Au-delà de l'influence de représentations stéréotypiques qui génèrent un discours polarisé sur la réussite et l'échec scolaires, nous souhaitons montrer la diversité des contrastes et des effets pédagogiques, scolaires et psychiques, sociaux et politiques, ainsi que les impacts négatifs et positifs de la pandémie dans les milieux de pratique et de recherche en éducation, sans oublier les milieux associés. Il nous semble que tant le développement d’ingénieries coopératives et de co-enseignements en éducation, que le partage redistribuant le leadership dans les écoles et la réélaboration de politiques scolaires incluant les élèves-acteurs du système scolaire, sont des pratiques souhaitables, dans un contexte de résilience numérique augmentée par la période que nous traversons et selon une perspective d'éducation inclusive et de réponse responsable à cette hausse.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :