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Natasha Lupien : Université McGill
Certains locuteurs bilingues semblent capables de passer facilement d’une langue à l’autre, parfois même à l’intérieur d’une phrase, créant des alternances codiques (angl. code-switch). Par exemple, un locuteur pourrait utiliser un mot français à l’intérieur d’une phrase en anglais, ou vice versa. De nombreuses études sur la production des alternances codiques ont démontré que la production de celles-ci est affectée par la langue de la phrase. Ainsi, le mot français produit dans une phrase anglaise présentera souvent une phonétique hybride : pas totalement française, mais pas totalement anglaise non plus. Toutefois, très peu d’études ont porté sur la perception des alternances codiques produites naturellement. Pour combler cette lacune, nous avons mis sur pied un projet de recherche électroencéphalographique (EEG) qui a pour but de déterminer si l’expérience linguistique des locuteurs a un impact sur leur habilité à traiter les alternances codiques en général, et sur l’importance relative qu’ils accordent aux différents indices acoustiques affectés lors de la production d’alternances codiques. La présente étude représente une première étape de ce projet et a pour but de déterminer quelles composantes EEG sont associées à la détection des alternances codiques produites de façon naturelle. Les analyses EEG porteront principalement sur l’amplitude moyenne et la latence de composantes classiques telles la N400 et la Négativité de Discordance Phonologique (PMN).
Le bilinguisme est un atout important dans plusieurs milieux contemporains. Un grand nombre de travaux sur l’acquisition des langues secondes ont eu pour but de déterminer quelles variables pourraient favoriser le développement des compétences linguistiques des apprenants. Ces travaux ont permis de démontrer l’importance de facteurs tels que l’âge de l’apprenant ou le contexte d’apprentissage. De plus, au cours des dernières années nous avons assisté au développement rapide d’un nouvel axe de recherche sur le bilinguisme portant sur l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues secondes ou étrangères. Des chercheurs provenant de plusieurs disciplines, notamment la psychologie, la sociologie et la science politique, s’intéressent à des questions comme : est-ce que le quartier dans lequel une personne habite a une incidence sur ses compétences langagières et sa facilité à apprendre une nouvelle langue ? Comment est-ce que l’environnement influe sur les compétences langagières aux diverses étapes de la vie (petite enfance, enfance, âge adulte, personnes âgées) ? En plus de cet axe social, nous avons continué à témoigner d’une évolution rapide des connaissances en matière des éléments linguistiques, cognitifs et neurophysiologiques associés au bilinguisme et au multilinguisme. Ce colloque réunira des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche sur les incidences individuelles et socioculturelles du bilinguisme et favorisera la conception de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.
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