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Mathilde Forest : Université Saint-Paul
À travers l’exploration de certains de mes projets récents, cette communication s’attardera au concept du détournement, entendu ici comme une déviation conceptuelle des cadres théoriques et méthodologiques d'une discipline appliquée vers des projets de recherche-création. À travers la présentation détaillée de deux projets récents, nous explorerons comment l’architecture et l’ingénierie civile ont pu nourrir la manœuvre artistique.
J'exposerai d’abord Une archive imparfaite (2019-2021) - où l’outil de la photogrammétrie a été détourné afin de recréer une modélisation poétique et sensible de bâtiments menacés de disparition. Ensuite, je m'attarderai à la série Peser la cité (2021-2022) – projet où la méthodologie des relevés terrains de l’ingénierie civil ont été réutilisés et réappropriés en art imprimé – permettant d’illustrer l’important poids du bâti sur la surface terrestre dans certains espaces donnés.
Cette présentation sera donc l’occasion de poser un regard sur ce croisement fertile entre pratique artistique, architecture et ingénierie civile ; une mise en relation qui permet l’exploration de nouveaux imaginaires provoquée par le geste artistique.
Le Centre d’exposition de l’Université de Montréal présente le colloque « Les frontières disciplinaires entre arts visuels, architecture, paysage et design : autour de Pierre Granche (1948-1997) ». L’événement est tenu à l’occasion du vernissage de l’exposition Granche / Atelier / Ville, qui se poursuivra jusqu’au 12 août 2023 au Centre d’exposition. Le colloque et l’exposition soulignent le 25e anniversaire du Centre d’exposition de l’UdeM et le 75e anniversaire de naissance de Granche.
Ayant pour point de départ la pratique de Pierre Granche, artiste en arts visuels et professeur à l’Université de Montréal, le colloque souhaite mettre de l’avant le caractère complémentaire de pratiques créatives. Alors que Melvin Charney a développé sa démarche artistique en continuité avec son travail d’architecte, Granche a établi des liens tangibles avec l’architecture, le paysage et l’ingénierie au cours de sa carrière. Il a collaboré avec des chercheur·se·s et des professionnel·le·s de divers domaines dans la conception et la réalisation de ses œuvres, en plus d’être un important acteur du développement de l’art public au Québec. Son travail témoigne d’abord d’une préoccupation pour les principes fondamentaux, notamment géométriques, de l’architecture, puis du vocabulaire et de l’histoire de cette discipline.
Les institutions qui régissent tant l’enseignement que la pratique des arts visuels, de l’architecture, du paysage et du design ont tendance à circonscrire, avec plus ou moins de clarté, ces disciplines dans une perspective de division du travail. Sur le terrain, force est de constater que les frontières entre ces différentes pratiques tendent à se brouiller et à s’estomper. Plusieurs créateur·rice·s travaillent aujourd’hui à la frontière des disciplines, comme l’ont fait Granche et Charney, ainsi que d’autres, dont l’Étatsunien Gordon Matta-Clark. Cela montre l’intérêt d’étudier certes les limites entre les champs de pratique en question, mais surtout de plonger dans l’espace liminal qui se déploie entre eux. Comment les disciplines se définissent-elles et s’enrichissent-elles en interaction les unes avec les autres? Par quels processus la singularité d’une discipline se définit-elle? Les frontières entre les disciplines sont-elles nécessaires et comment peut-on les saisir dans une perspective historique?
Le colloque désire encourager le dialogue entre des travaux de recherche et de recherche-création issus de différentes disciplines et domaines (arts visuels, histoire de l’art, sociologie, anthropologie, études urbaines, architecture, paysage, design, etc.), afin d’enrichir les points de vue et de souligner le caractère interdisciplinaire qui a caractérisé la pratique artistique de Pierre Granche.
Titre du colloque :