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Paul-André Garessus : Haute école pédagogique BEJUNE
Cette communication s’ancre dans un projet de recherche doctorale qui vise à mieux comprendre certains enjeux du développement professionnel d’enseignants expérimentés ayant accepté un mandat de mentorat. Le contexte de l’étude se réfère à la formation initiale des enseignant·e·s du secondaire post-obligatoire dans la partie francophone de la Suisse. Ces étudiants ont à effectuer un stage pratique tout au long de l’année et sont encadrés par des formatrices et formateurs en établissement (FEE) qui les accueillent dans leurs classes. La population ciblée pour la recherche ne bénéficie pas d’une formation spécifique pour ce mandat. Or, il apparait que passer d’enseignant à mentor demande à ces professionnels un changement de posture important (Raucent et al. 2021) et une mobilisation de solides compétences. Le moment où le mandat de mentor est accepté représente ainsi un espace-temps privilégié pour comprendre ce qui se joue en termes d’apprentissages et de socialisation professionnels, deux dimensions du développement professionnel. Concrètement, ce projet vise à mettre au jour les besoins spécifiques, les stratégies développées, les ressources mobilisées, les blocages et facilitateurs des actions envisagées ou menées, ainsi que le ressenti des mentors. Cette recherche étant dans sa phase préliminaire, la communication visera à en présenter les objectifs ainsi que la méthodologie imaginée afin de bénéficier de retours critiques de la part des participants.
Le Québec vit une pénurie d’enseignants sans précédent et les acteurs scolaires font face à un nombre croissant d’enseignants non détenteurs de brevet en enseignement et en insertion professionnelle. Afin de pallier cette situation, le Conseil du patronat, en collaboration avec les syndicats, a développé la fonction d’enseignant mentor qui a pour but de « soutenir davantage les enseignants, particulièrement ceux en début de carrière, notamment en facilitant leur insertion professionnelle par de l’accompagnement individualisé; reconnaître l’expertise des enseignants et en favoriser le transfert, et favoriser l’intégration des enseignants dans la communauté éducative et la persévérance dans la profession enseignante. Les parties reconnaissent l’importance de confier cette responsabilité particulière d’accompagnement à un enseignant possédant une diversité de compétences professionnelles et une maîtrise de celles-ci » (CPNCF, 2020-2023, p. 380), notamment au regard de la dispensation d’activités d’apprentissage et de formation aux élèves. Notons qu’en 2023, ce sont 400 enseignants du primaire et du secondaire qui consacreront entre 20 et 40 % de leur tâche au mentorat. Cette mesure corrobore l’importance du soutien aux enseignants en insertion professionnelle pour favoriser leur adaptation au contexte et à la culture scolaires (Fournier et Marzouk, 2008; Mukamurera, 2011; Mukamurera et al., 2008; Portelance et al., 2008). Des études affirment que les enseignants soutenus peuvent être plus compétents, mieux outillés pour aider leurs élèves et davantage épanouis dans leur travail (Ingersoll, 2012; Leroux et Mukamurera, 2013). Par ailleurs, un mentorat mal mené aura une incidence négative sur le développement professionnel de l’enseignant débutant, sur la qualité de sa pratique et, finalement, sur la réussite scolaire des élèves (Martineau et Makamurera, 2012).
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